Le Républicain Lorrain : Un journal à vendre
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Le Républicain Lorrain : Un journal à vendre

Presse Le directeur général du Crédit Mutuel, Michel Lucas, veut se séparer du Républicain Lorrain. Une annonce qui fragilise la stratégie menée par le groupe.

Coup de bluff ou coup de sang? L'annonce a fait le tour des milieux autorisés en Lorraine, avant de faire les titres de la presse nationale: acheté à 100% en avril2007 par le Crédit Mutuel, le Républicain Lorrain est à vendre! «Oui, oui, à vendre, comme quand on met une petite annonce dans un journal pour se débarrasser de quelque chose», lâche un salarié du titre. La banque Rothschild serait mandatée pour cette transaction. Michel Lucas, le directeur général de la banque mutualiste, a confirmé deux fois son intention auprès des syndicalistes. «Il estime que les salariés du RL n'ont pas respecté le pacte qu'il avait passé avec eux», raconte un membre du comité d'établissement.




«Deal humain»

En effet, Michel Lucas a pris cette décision suite à une grève observée par des salariés du quotidien le 18février. Devant la presse, le directeur général a précisé: «J'ai dit: vous ne m'intéressez plus en tant qu'individus, car le deal humain qu'il y avait entre nous, vous l'avez coupé». Des propos très durs, très mal perçus par les salariés. Mais si vente il y a, cela ne va pas se faire sans mal. «Nous avons mutualisé de nombreux postes avec les Dernières Nouvelles d'Alsace, comme une partie de l'administratif ou encore de l'informatique», précise un syndicaliste. En ce qui concerne les rumeurs de désengagement du Crédit Mutuel du groupe Ebra et plus particulièrement de L'Est Républicain et des Dernières Nouvelles d'Alsace, Michel Lucas a indiqué lors d'une conférence de presse que son groupe n'avait «pas d'actions dans les DNA, l'Est Républicain et Vosges Matin où nous n'intervenons qu'en tant que banque». Pourtant, «le processus auprès de l'Autorité de la concurrence se poursuit», indiquent les syndicalistes de ces titres. Alors pourquoi lâcher le «Répu», surtout après avoir redressé le titre? Certes, Le Républicain Lorrain a enregistré l'an dernier un recul de 2,8% de sa diffusion par rapport à 2009 et a vu ses recettes fondre de 9,2%.




Autorité de la concurrence

Mais ces chiffres ne le placent pas dans le bas du tableau de la PQR, qui vit une crise très profonde. En 2010, selon les premiers chiffres disponibles, le groupe Ebra a dégagé un bénéfice de 7,7M€ pour un chiffre d'affaires de 670M€. En 2009, il avait subi une perte de 40M€. Un proche du dossier évoque «la possibilité de devancer l'avis de l'Autorité de la concurrence. Il est évident que personne ne peut racheter ce titre tout seul, il n'y a aucune synergie à créer. En faisant cela, Michel Lucas envoie un signe pour montrer sa bonne foi à l'Autorité de la concurrence et dit clairement: je ne veux pas créer de monopole». La vente étant de fait impossible, le groupe pourrait continuer à créer des synergies, le mot magique qui fait avancer la PQR. La position de Michel Lucas est d'autant plus difficile à décrypter que le RL était présenté comme le journal «chouchou» du directeur général du Crédit Mutuel...

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