Basée à Labarthe-sur-Lèze (Haute-Garonne), l’entreprise familiale Paul Boyé Technologies (300 salariés, CA 2024 : 120 M€), qui conçoit et fabrique des équipements de protection pour les pompiers, soignants, militaires et personnels de l’industrie passe sous pavillon norvégien.
NFM Group reprend 100% du capital
Le 7 octobre 2025, à l’issue d’un processus mené en lien avec les autorités de l’État, NFM Group (3 400 collaborateurs) a acquis 100 % des actions de ce fleuron de l’industrie textile occitane, fondé à Sète (Hérault) en 1904 par Pierre Boyé, le grand-père des cédants, Jacques et Philippe Boyé. "Cette acquisition assure la pérennité de Paul Boyé à laquelle nous sommes très attachés, déclarent ces derniers. Nous pouvons partir sereinement après avoir consacré 50 ans de notre vie à l’entreprise."
NFM France, la filiale bretonne du groupe norvégien
Fournisseur mondial d’équipements de protection individuelle de pointe pour les forces armées et les forces de l’ordre, le groupe scandinave, créé en 1996 et dont l’empreinte industrielle a bondi à la suite de l’acquisition de la société allemande Hexonia en 2022, renforce sa présence dans l’Hexagone. Il est en effet déjà présent en France, via sa filiale NFM France (CA 2024 : 1,05 M€), dont le siège se trouve à Lorient (Morbihan).
Mads E. Larsen, actuellement directeur général de NFM France et directeur de la stratégie de NFM Group, devient président de Paul Boyé Technologies. Il s’engage à définir la direction et les priorités de l’entreprise pour demain "dans les mois à venir", souhaitant allier "respect du passé et ambition de façonner le futur".
Accord-cadre avec le ministère de l’Intérieur
En octobre 2023, le groupe norvégien, en partenariat avec l’entreprise britannique Coonen Protection, avait signé un accord-cadre de 4 ans avec le ministère français de l’Intérieur, afin de fournir jusqu’à 511 350 gilets pare-balles individuels et jusqu’à 415 596 housses tactiques modulaires au bénéfice de la Police nationale, de la Gendarmerie, des Douanes ou encore de l’administration pénitentiaire. "L’acquisition de Paul Boyé renforce notre partenariat à long terme avec la France, l’un de nos marchés de défense les plus importants et les plus fiables, précise dans un communiqué Walter Overland, le PDG de NFM Group. Elle garantit la continuité industrielle, renforce notre présence locale et veille à ce que les capacités clés demeurent en France."
En 2024, Paul Boyé Technologies a perdu le marché d’habillement du ministère de l’Intérieur (420 millions d’euros sur 6 ans) au profit d’un groupement conduit par le francilien Marck & Balsan. L’entreprise a néanmoins remporté des marchés d’uniformes pour l’armée, des tenues antiparticules pour les sapeurs-pompiers et, en 2025, elle a sécurisé un contrat pluriannuel avec Santé Publique France pour produire 90 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par an.
Trois usines en France
Paul Boyé Technologies dispose de trois sites de production. À Labarthe-sur-Lèze (20 000 m²), l’entreprise possède une unité de confection d’équipements de protection et son bureau d’études. À Bédarieux (10 000 m²), dans l’Hérault, sont produits les équipements de protection NRBC et balistique. Quant au site du Vernet (10 000 m²), dans la Haute-Garonne, il est spécialisé dans le maintien en condition opérationnelle des produits : plusieurs centaines d’articles sont traitées au quotidien (tri, lavage, réparation, retouche, broderie, reconditionnement, recyclage).
2 000 collaborateurs à Madagascar
Dans les années 1980, l’entreprise réalisait 50 % de son activité dans le civil en fournissant la grande distribution en vêtements pour hommes. Elle l’a progressivement recentrée sur les métiers de la défense et de la sécurité. Pour l’habillement non technique, les appels d’offres européens et la concurrence des pays à bas coût ont incité Jacques Boyé (président) et son frère Philippe Boyé à ouvrir un site de production à Madagascar, en 1992. La filiale malgache, Paul Boyé Industries (2 000 collaborateurs), s’étend sur 30 000 m². Elle compte 55 lignes de production capables de délivrer 2 millions d’articles par an.
Avec des sites de production désormais répartis en Norvège, France, Allemagne, Pologne, Bulgarie, États-Unis et Madagascar, NFM Group consolide l’une des bases industrielles les plus complètes du secteur européen de la défense, garantissant la résilience de la chaîne d’approvisionnement et la continuité opérationnelle en période de crise.