Les paysages agricoles de la Vendée sont bien connus pour héberger des usines à la campagne. Parmi elles, figure celle de Kverneland, aux Landes-Genusson, où une centaine de salariés fabriquent des machines agricoles. Rachetée en 2012 par le japonais Kubota, l’usine vient de bénéficier d’un investissement de 10 millions d’euros pour étendre ses capacités de production et industrialiser ses procédés.
7 000 m² supplémentaires
"Nous poussons les murs, nous sommes en plein travaux", résume Gautier Hamel, directeur administratif et financier de Kverneland Group France. Le site vendéen est spécialisé dans les outils de travail superficiel du sol (déchaumeurs à dents, déchaumeurs à disques) et dans une nouvelle gamme dédiée au désherbage mécanique. L’usine se prépare à franchir une nouvelle étape avec un agrandissement de près de 7 000 mètres carrés, lui faisant atteindre 20 000 mètres carrés au total. Les machines conçues et assemblées localement n’ont cessé de gagner en largeur et en complexité. "Notre plus gros modèle atteint aujourd’hui 12 mètres de large et pèse 15 tonnes. À l’atelier, nous sommes parfois contraints de le positionner en travers pour pouvoir l’assembler", illustre Gautier Hamel.
Une extension nécessaire pour suivre le marché
L’investissement de 10 millions d’euros prévoit plusieurs volets. Le premier concerne l'achat d'un terrain de 17 000 mètres carrés. Le second porte sur l’extension du hall de production, pour permettre d’assembler les nouvelles générations de machines, plus larges et plus techniques, pouvant atteindre 18 voire 24 mètres de large. Le troisième volet tient à l’amélioration des procédés internes, dans l’esprit de la philosophie Kaizen chère au groupe japonais : produire une machine de bout en bout, en flux unitaire, en mobilisant uniquement les pièces nécessaires. "Cela permet de concilier efficacité industrielle et forte personnalisation, puisque nos machines sont très configurables selon les besoins des clients", ajoute le DAF. L'extension offrira plus de surface au centre technique (industrialisation), aux ateliers de soudage, peinture, assemblage et aux développements de prototypes pour la R&D. La capacité d'expédition, y compris la gestion des conteneurs, doublera, grâce à de nouveaux quais d'expédition et à l'implantation de nouveaux bureaux logistiques et de nouvelles surfaces de stockage.
18 milliards d'euros de CA pour le groupe nippon
Cette tendance au gigantisme s’accompagne de nouvelles pratiques agricoles. Moins de labour intensif, réduction des intrants chimiques, recours accru au désherbage mécanique : autant d’évolutions qui portent la demande pour les équipements capables d’être conçus en Vendée.
"Nous disposons d’un vrai savoir-faire sur ces machines et d’un bureau d’études de 15 personnes qui porte notre innovation. Le groupe Kubota a décidé de nous faire confiance et de réinvestir en France", souligne Gautier Hamel. Basé à Osaka, le groupe nippon compte plus de 52 000 salariés et pèse 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
70 % à l’export
L’extension des bâtiments doit être livrée fin 2026. L’industrialisation du site sera, elle, achevée fin 2027. Le site, qui emploie donc une centaine de personnes, réalise 30 à 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % à l’export. Les marchés historiques de Kverneland restent l’Europe, mais l’appartenance à Kubota a ouvert des débouchés en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Australie, au Japon et en Nouvelle-Zélande.
À l’origine petite société industrielle locale (Sicam), passée successivement sous pavillon allemand, norvégien puis japonais, l’usine des Landes-Genusson illustre le rôle de la Vendée dans la mécanique agricole. "C’est une belle vitrine de ce que peut apporter un actionnaire japonais, avec de la sérénité et une vision long terme. En retour, nous nous efforçons de démontrer que nous sommes un acteur local solide, capable d’innover et de contribuer à la performance du groupe au niveau mondial ", conclut Gautier Hamel.