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Le groupe industriel ASK finalise sa mue
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Le groupe industriel ASK finalise sa mue

Le groupe sophipolitain ASK, spécialiste des solutions sans contact pour les marchés du transport et de l'identité, finalise sa réorganisation industrielle entamée il y a deux ans. Une mue qui devrait lui permettre d'atteindre la rentabilité dès 2016.

En 2016, ASK entend trouver le chemin de la rentabilité. Une première pour la pépite sophipolitaine, spécialiste des solutions sans-contact sécurisées pour les marchés du transport et de l'identité. Certes, l'entreprise, chahutée depuis une paire d'années, n'a pas encore retrouvé celui de la croissance. Elle termine l'exercice 2015 au même niveau que 2014, affichant un chiffre d'affaires consolidé à 36,7 millions d'euros. Avec toutefois un second semestre bien plus dynamique (+15%), et ce malgré un contexte de profonde transformation que le groupe finalisera en mars avec le déménagement de son site industriel français, de Sophia Antipolis à Mouans-Sartoux, afin d'optimiser ses coûts.

Recentrage industriel

Retour en 2014. ASK entre sur le marché Euronext et lève 21,9 millions d'euros. Cette opération a un triple objectif : désendetter l'entreprise à hauteur de 9 millions d'euros, racheter pour environ 4 millions d'euros 50% des parts de sa filiale américaine et lui donner les moyens de se réorganiser. « Il s'agissait de fermer l'usine indienne pour recentrer la production sur trois sites, et de concentrer tous nos efforts sur les produits à forte valeur ajoutée, les passeports (fabriqués en Chine et aux USA) et les cartes de transport duales (en France) », explique Julien Zuccarelli, son directeur général. Les activités les moins rentables (cartes d'entrée de gamme, tickets contactless, etc.) sont désormais externalisées en Asie. Ce recentrage, qui s'est accompagné d'une baisse d'effectifs à Sophia Antipolis (une trentaine de personnes) et surtout en Chine (une centaine), redessine un groupe à la compétitivité accrue, qui table dorénavant « sur une remontée significative de ses volumes de livraison ».

Quelle stratégie ?

Positionnée sur les marchés de l'identité et du transport, ASK déploie une stratégie propre à chacun d'eux. Sur le segment des documents d'identité, l'entreprise privilégie la croissance organique en prenant des parts de marché à la technologie concurrente, celle à base de cuivre, utilisée par la centaine de pays passés aux passeports biométriques. « Nous avons converti en 2015 cinq nouveaux pays à notre technologie d'antenne argent, ce qui porte à 18 le nombre d'Etat livré et parmi eux les plus exigeants en matière de sécurité comme Israël, les Etats-Unis, la France ou encore la Grande-Bretagne. C'est le signe que notre technologie s'installe », avance le dirigeant. Sur le segment transport, où les technologies ASK sont d'ores et déjà adoptées par une centaine de villes, « l'équation s'avère plus compliquée », admet-il. « Il s'agit d'accompagner les villes sur deux sujets principaux : la disparition progressive du ticket papier pour les visiteurs occasionnels et la multimodalité. Sur ces deux points, nous travaillons avec des villes pilotes en prenant comme support le téléphone NFC ».

Diversification à creuser

L'entreprise s'attache par ailleurs à défricher de nouveaux marchés. Celui de la carte bancaire, par exemple, pour lequel ASK vient apporter une solution de rupture participant à la sécurisation des transactions réalisées à distance. Un procédé breveté, qui permet à la smart card, dont le principe est de générer un nouveau code à trois chiffres (CVV) à chaque transaction, de s'affranchir de la batterie et d'aller chercher et stocker l'énergie requise en l'approchant de son téléphone. « Les technologies du sans-contact se déploient sur de plus en plus de segments de marché. En tant que spécialiste du sujet, ASK suit naturellement », commente Julien Zuccarelli qui précise, toutefois : « L'objectif de ASK n'est pas demain de vendre des cartes bancaires mais de se rapprocher de partenaires industriels pour aller au bout du projet ». L'IoT constitue également une autre niche à creuser. « Le fait de maîtriser le processus d'impression fait que l'on est capable d'intégrer une antenne et un chip là où l'on veut ». Dont acte ! Après les cartes de transports et les documents d'identité, la technologie ASK s'intègre désormais dans les cartes de visites, tickets de concert ou d'événement sportif, permettant ainsi de faire remonter sur son mobile différents contenus. « Cette activité a déjà démarré et devrait générer entre 500.000 et 1 million d'euros de chiffre d'affaires dès cette année ».

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