Basée dans le sud, à Aubagne, la société remplissait tous les critères pour s’intégrer utilement dans le groupe C2i : « Il y a environ un ans et demi, nous avions ciblé quelques sociétés concurrentes susceptibles de renforcer notre ancrage commercial, qui bénéficiaient d’une bonne image de sérieux », détaille Thierry Gigout, gérant du groupe C2i. Au final, il restait trois sociétés dans l’entonnoir et les discussions sont allées au bout avec Mhesaurus, entreprise installée à Aubagne, qui embauchait trois personnes et pesait 250 000 € de chiffre d’affaires. « Jusqu’à présent, nous n’avions pas d’agence dans le sud. Le premier bénéfice va être de renforcer notre présence dans ces régions. » Bouclé fin janvier, le rachat de Mhesaurus ne devrait pas être le dernier pour le leader français de radioprotection en milieu médical : « Si on regarde une carte, on se rend compte que nous sommes très présents à l’est de la France, du Nord au Sud, mais que nous sommes moins présents à l’Ouest, sur toute la façade Atlantique », détaille Thierry Gigout. « Très clairement, même s’il est trop tôt pour être précis, nous voulons y aller ». Avec une part de marché de 40 %, le groupe C2i compte aujourd’hui plus de 1.500 sites clients et dépasse, pour sa treizième année d’existence, les 5 M€ de chiffre d’affaires, pour un effectif de 65 personnes. « Nous sommes encore sur une croissance de 11 % », précise Thierry Gigout. « Depuis la création de la société, nous enregistrons des croissances à deux chiffres. Au niveau de résultat, il est stabilisé autour de 6 à 7 %, mais je pense que nous pouvons aller jusqu’à 8 voire 10 % au mieux. »
Le développement passe par l’Europe
Tout juste revenu du Congrès européen de radiologie à Vienne, en Autriche, qui se déroulait du 1er au 5 mars, Thierry Gigout a enregistré quelques nouvelles très intéressantes pour son entreprise : « Nous avons eu des échanges très intéressants, dans un salon très orienté business. Ce que nous pouvons en conclure pour l’instant, c’est que nous avons une très bonne image, qui a dépassé les frontières nationales. En parallèle, des efforts d’harmonisation des contraintes réglementaires qui pèsent sur la radiologie sont menés par les autorités européennes, ce qui nous ouvre de belles perspectives ». L’outil qui devra permettre au groupe C2i de se lancer à l’export existe, et il s’appelle Xview, une application pour piloter la radioprotection des patients et des travailleurs exposés. « Nous avons à l’heure actuelle 250 comptes clients en France », souligne Thierry Gigout. « Aujourd’hui, il est possible de rentrer sur les marchés européens grâce à cette application, en la traduisant et l’adaptant, pour ensuite proposer une offre de service globale. » Le gérant du groupe s’est donné trois ans pour réussir, dans ce qui pourrait devenir une deuxième phase de la vie de C2i. Et un changement de dimension considérable. Pour le mener à bien Thierry Gigout surveille de près tous les leviers : « Au niveau financier, pas de problème, je suis plutôt conservateur, et nos résultats incitent les financiers à nous solliciter. En ce qui concerne le marché, il est là, le salon de Vienne nous là encore prouvé. »
Vers une entreprise « libérée » ?
Le levier le plus délicat à gérer sera donc l’aspect humain : « Si mes collaborateurs n’ont pas envie de me suivre, je ne pourrai rien faire tout seul », concède Thierry Gigout, qui réfléchit à « libérer » son entreprise : entouré de collaborateurs formés à 50 % à un niveau bac +4 ou +5, le gérant de C2i a toujours privilégié la promotion interne. « J’ai toujours été très attentif à certains aspects comme la rémunération ou le temps de travail », détaille Thierry Gigout. « Mais pour continuer à développer C2i, la vraie question sera la motivation, notre capacité à rester une entreprise agile, capable de s’adapter en permanence ». Pour relever ce challenge, le patron de C2i a notamment repris la barre de tous les aspects RH dans son entreprise : « Je veux réussir à créer une ambiance où tout le monde puisse poser les bonnes questions, où tout le monde dans l’entreprise se sente concerné ».