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Le fonds régional Naco prévoit 35 millions d’investissement pour 2024-2027 en Nouvelle-Aquitaine
Nouvelle-Aquitaine # Fonds d'investissement # Politique économique

Le fonds régional Naco prévoit 35 millions d’investissement pour 2024-2027 en Nouvelle-Aquitaine

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Alors que s’achève sa deuxième phase consacrée à l’ère post-Covid, le fonds d’investissement Naco dévoile sa nouvelle feuille de route, en accord avec la politique de la Région qui le finance en partie. L’industrie et la santé restent ses secteurs de prédilection, mais un effort sera porté en faveur des projets de développement-transmission.

Naco a présenté son bilan et sa nouvelle feuille de route ce lundi 4 décembre, en présence d'entreprises venues témoigner de son efficacité. De gauche à droite : Sébastien Gorry de Cyclair (Vienne), Frédéric Guiral de Haas de Sodopac (Dordogne), Antoine Martel de Rgoods (Gironde), Alain Rousset, Jean-Pierre Renaudin, président de Naco, et David Aversenq, directeur général associé de M Capital — Photo : Sébastien Blanquet-Rivière

Depuis sa création à l’initiative de la Région en 2017, Nouvelle-Aquitaine co-investissement (Naco) a misé au global 67 millions d’euros dans 103 sociétés (dont 86 en portefeuille aujourd’hui), et généré la création de 851 emplois sur les 2 480 qu’il représente. Des chiffres qui viennent clore, en novembre, la seconde phase du fonds d’investissement qui était dédiée au soutien des PME après la crise du Covid, soit 30,5 millions d’euros dont 23,5 issus du programme européen React EU.

Déployé par la société d'investissement toulousaine M Capital, Naco s’impose désormais comme un allié de poids pour les entreprises du territoire - c'est l'un des principaux fonds régionaux de France - et un outil au service de la politique économique de la Région même si "ce n’est pas la Région qui décide mais Naco", rappelle Alain Rousset, le président du conseil régional, à l’occasion d'une présentation officielle ce lundi 4 décembre 2023.

Effet de levier de 6,65

Naco prévoit d’investir 35 millions d’euros jusqu’en 2027. Le fonds bénéficie depuis décembre d’une enveloppe de 25 millions d’euros de l’Europe qui sera complétée de 10 millions de la Région (dont une partie issue de l’activité de désinvestissement). Ses bénéficiaires privilégiés ? Les PME, notamment celles boudées par les investisseurs frileux. "Nous ne sommes pas là pour concurrencer des fonds privés. Nous avons vocation à servir de ticket d’entrée, soutenir des projets qui ne semblent pas sexy mais qui sont intéressants pour l’économie et l’aménagement du territoire", explique Jean-Pierre Renaudin, le président de Naco. La force de Naco, c’est son effet levier, estimé à 6,65 euros pour chaque euro investi. Naco montre la voie, rassure et "permet de capter des fonds notamment hors région, qui ne viendraient pas seuls par méconnaissance ou manque de garantie."

L’enjeu est de taille. "L’une des faiblesses de nos PME, c’est le manque de fonds propres", martèle Jean-Pierre Renaudin. "Le ratio est de 70 % de dette pour 30 % de fonds propres, quand en Allemagne c’est 50-50. Il faut restructurer les fonds propres", renchérit Alain Rousset.

Santé et industrie, développement et transmission

Restructurer et aussi réinvestir dans les secteurs prioritaires aux yeux de la Région : la santé et l’industrie. À eux deux, ils représentent plus de la moitié des investissements (respectivement 24 % et 28 %, suivis des services aux entreprises 16 %, de l’énergie 12 % et de l’environnement 12 %). "Les biotechs sont les médicaments de demain, et pourtant ils lèvent moins en Bourse et restent dépendants de principes actifs de Chine. Nous intervenons pour combler des creux dans ces secteurs qui nous semblent clés", précise Alain Rousset.

Jusqu’à présent, les deux tiers des fonds étaient fléchés vers du capital-risque (54 %) et de l’amorçage (12 %), 27 % vers du capital développement et seulement 2 % vers de la transmission. "Ce sont des projets longs et plus difficiles à cerner", justifie Jean-Pierre Renaudin. Mais qui valent la peine, comme en témoigne Sodopac, premier fabricant de chaussons établi en Dordogne, récemment repris. "Sans Naco nous n'aurions pas pu monter le dossier", affirme Frédéric Guiral de Haas, co-gérant.

Objectif de Naco d'ici 2027 : 50/50 entre capital-risque-amorçage et développement-transmission, tous secteurs confondus et tous départements confondus.

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