Le drive : Les hypers s'y mettent tous.. : ou presque
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Le drive : Les hypers s'y mettent tous.. : ou presque

On les voit fleurir un peu partout à Rennes et aux alentours: les ?drives? se greffent aux hypermarchés. Toutes les enseignes ou presque proposent cette nouvelle formule pour faire ses courses. Quels en sont les avantages pour le consommateur? Les supermarchés y gagnent-ils vraiment? En tout cas, les clients sont au rendez-vous, et les projets se concrétisent. Virginie Monvoisin

Les supermarchés prennent de l'âge et leur modèle s'essouffle parfois un peu. Pour s'en sortir, chacun sa formule. Certains misent sur les caisses automatiques, les scans, les rayons réorganisés façon mini-marché... D'autres - ou les mêmes - misent aussi sur internet. On connaît bien la livraison à domicile, ou encore les commandes à retirer en magasin. Mais ça ne suffisait pas. Le consommateur veut toujours plus. Le voilà servi: le système ?drive? arrive dans les hypermarchés, et à Rennes, c'est assez flagrant.




Simple et gratuit

Né dans les années 2000 en France, le concept est simple: le client fait ses courses sur le site internet de son supermarché et se rend un peu plus tard sur les lieux pour y retirer ses paniers, qui seront directement déposés dans le coffre de sa voiture. L'avantage principal pour le consommateur est un gain de temps. Et d'argent, puisque «les tentations de se laisser aller à acheter des choses dont on n'a pas besoin sont limitées, témoigne une cliente chez Intermarché». D'autre part, dans la majorité des cas, le service est gratuit, et les produits au même prix qu'en magasin. C'est ce qui fait le succès de la formule. L'un des premiers à y croire à Rennes a été Jean-Jacques Troadec, directeur du Leclerc de Vern-sur-Seiche. En 2006, il lance le premier drive de l'agglomération dans son magasin (qui avait l'enseigne Super U, à l'époque).




Il y a ceux qui y croient...

«Je suis persuadé que le drive aura demain une place importante dans la consommation des Français», indique le directeur, chiffres à l'appui. Son magasin réalise 7% de son chiffre d'affaires avec le drive. «Nous avons 500 clients par semaine. Nous réalisons une croissance de 30 à 40% de clients en plus par semaine». Énorme. Si le concept a mis du temps à arriver à Rennes, sans doute l'effet Chronodrive (installé à Cesson il y a un an) a eu des répercussions sur les hypers rennais, «en créant une dynamique, considère Jean-Jacques Troadec. Proposer l'offre crée le marché». Depuis, les hypers s'adaptent aux demandes. «Au début, nous ne proposions que des produits pondéreux. Aujourd'hui, le consommateur veut aussi du frais». Tous proposent entre 6.000 et 8.000 références. Voilà qui nécessite de l'organisation et un coût. Car il faut dédier du personnel au drive et investir dans des frigos. «Quand le coût de fonctionnement du drive est bien géré, il n'est pas supérieur au coût de fonctionnement d'un hyper, considère Jean-Jacques Troadec. On n'a pas besoin d'hôtesses de caisse par exemple car le paiement se fait en ligne». Mais tout le monde n'est pas de cet avis.




... et ceux qui hésitent

Chez Système U, par exemple, où le principe des courses en ligne existe déjà, mais avec retrait en magasin ou à domicile, peu de magasins passent au drive. Car pour ces petits indépendants, l'investissement est lourd. Chez U, «on ne veut pas d'espace drive sans contact. Nous, nous misons sur la proximité. Toutefois, certains magasins, en fonction des demandes de leurs clients, font évoluer le concept vers un vrai drive, comme à Rennes Saint-Jacques». Chez Intermarché, on en est encore aux balbutiements. Rennes fait partie des quatre premiers du groupe à avoir ouvert son drive. «Moyennant un investissement de 15.000 à 20.000€, pour l'achat de frigos et de bornes de paiement notamment», indique le responsable du service, Éric Collet. Il confie que le groupe pourrait créer des entrepôts dédiés au drive... Sur la formule, picking en magasin ou entrepôt dédié, Carrefour prend le temps de la réflexion. Le groupe ne semble pas vouloir se lancer à la légère. «On réfléchit au e-commerce, affirme-t-on chez Carrefour. D'ici à la fin de cette année, des concepts devraient être lancés dans les hypers». Reste à savoir si Rennes sera dans les premiers.

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