Quatre ans après son installation à Eslettes, en bordure de l'A151 qui relie Rouen à Dieppe, Christophe Darcet commence à se sentir à l'étroit. L'entreprise qu'il a créée en 2002, suite au rachat partiel d'activité d'une société parisienne spécialisée dans le commerce des épices, aura connu des débuts pour le moins chaotiques: un rachat de stock qui s'avère périmé, des difficultés à recréer un réseau de fournisseurs de qualité, et pour finir une situation conflictuelle avec le vendeur, auront mis sa détermination à rude épreuve.
Un des premiers fournisseurs de Rungis
Aujourd'hui, Christophe Darcet ne cache pas sa satisfaction: le pari est en passe d'être réussi. Spécialiste reconnu des épices, le Comptoir Colonial propose à ses clients, restaurateurs, grossistes ou épiceries fines, près de trois cent cinquante références dont certaines en font un fournisseur incontournable: «nous sommes un des premiers fournisseurs en épices de Rungis», se félicite le dirigeant dont 40% de la clientèle est composée de restaurateurs. Des professionnels qui recherchent des produits uniques -le Comptoir Colonial propose vingt-cinq sortes de poivre et presque autant de sels- «que l'on ne trouve pas chez le voisin et qui permettent de personnaliser un plat!» Importateur, conditionneur et triturateur, l'entreprise normande commercialise à la demande, sous sa propre marque ou pour des grandes marques d'épiceries fines françaises. Et pour assurer sa visibilité, elle a su développer des formats originaux et exclusifs: éprouvettes pour les huiles rares, tête de moulin adaptable aux différents pots de poivre et sel de la marque.
«Rester dans le haut de gamme»
Puis, pour compléter son offre, Christophe Darcet a décliné des gammes de produits «accessoires», comme des assemblages de moutardes ou de condiments, des pâtes de Tandoori ou de curry vert, avec toujours le souci «de rester sur le haut de gamme». Désormais, l'entreprise regarde hors des frontières hexagonales, et notamment vers le Japon, pays avec lequel elle aura réalisé en 2008 la plus grande part de son produit à l'export (15% du CA contre 6% en 2007). Un nouvel axe de développement largement porté par la boutique parisienne du Comptoir qui agit, selon son dirigeant, comme un véritable «sésame» dans la conquête des marchés à l'export. Mais des projets, Christophe Darcet en a également dans la région: 2009 sera l'année de l'ouverture d'une boutique à Bois-Guillaume, ainsi que celle d'un probable déménagement pour agrandir la surface de stockage disponible. Guillaume Ducable
Le fournisseur en épices des épiceries fines parisiennes veut se positionner en 2009 sur les marchés à l'export.