«Acos est une entreprise sous-traitante de l'aéronautique et de la Défense, spécialisée dans le traitement de surface et la peinture, explique Jean-Robert Bachère, son président. Nous travaillons avec Dassault aviation, Thalès, Safran, Zodiac... En 2008, nous réalisions 6millions d'euros de chiffre d'affaires, en croissance de 20% chaque année.»
Éviter les licenciements
«Fin 2008, nous avons dû faire face à une baisse brutale de notre activité et notamment celle de notre principal client: Dassault. Dans cette situation vous avez deux solutions: soit vous faites du licenciement économique, soit vous utilisez le dispositif de chômage partiel. Nous sommes une entreprise de savoir-faire. Cela nous prend du temps et de l'argent de former les salariés pour qu'ils soient opérationnels. À ce moment-là, j'ai eu une vision à long terme de l'entreprise. Dans ce secteur nous savons que l'activité est cyclique. Nous avons donc décidé d'opter pour le chômage partiel d'autant que le gouvernement nous y aidait. Pour faire simple le financement était le suivant: pour une rémunération à 10euros de l'heure nous en payions 5euros, 3,10euros étaient pris en charge par la Direccte, le reste n'était pas payé. Pour un salarié au smic, cela n'avait en fait que peu d'incidence.»
Un dispositif complexe
«Concrètement, c'est un dispositif assez complexe à mettre en place. Il faut faire une demande motivée auprès de la Direccte, expliquer la situation et les mesures qui seront mises en place. Nous avons choisi d'en profiter pour faire un plan de formation et nous avons adapté le temps de travail des salariés au volume de travail. Nous pensions que ces difficultés dureraient 12 mois mais en réalité cela a duré 18 mois. Au final nous avons utilisé 12.000heures de chômage partiel. En terme d'activité cela a été moins catastrophique que ce que nous avions anticipé. Nous avions imaginé une baisse de 30% du chiffre d'affaires mais grâce au chômage partiel et à la conquête de nouveaux clients, finalement le chiffre d'affaires 2009 a été le même qu'en 2008 et la réelle baisse s'est produite en 2010, -10%»
Ce n'est pas la panacée
«Le bilan de cette période est globalement positif car nous avons limité la casse et évité des licenciements mais ce n'est pas la panacée non plus car en fait cela m'aurait coûté moins cher de licencier. Le chômage partiel a également eu un effet sur la productivité de mes salariés - cela casse un peu la dynamique de travail - et donc sur la rentabilité de l'entreprise. Cela a aussi une conséquence très concrète actuellement où les embauches ont repris. Comme pendant nos difficultés nous avions reçu moins de CV, aujourd'hui que l'activité est repartie et que je dois recruter, cela me prend plus de temps de trouver et me coûte plus cher.»
Acos
(Le Haillan) Président: Jean-Robert Bachère CA 2011: 6,2M€ 100 salariés 05 56 13 02 33