Le budget 2017 offensif sur les investissements
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Le budget 2017 offensif sur les investissements

Le budget piloté par le 1° vice-président Etienne Blanc est doté d'une enveloppe de 3 milliards d'euros. Ses orientations démontrent la volonté de réduire les frais de fonctionnement au profit des dépenses d'investissement. Il révèle aussi une politique très marquée à droite de l'échiquier politique.

Un exercice éminemment politique. C’est ce à quoi s’est prêté le président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes ce 1er décembre, au lendemain de son éviction à la tête de la présidence du principal parti d’opposition, remplacé par le filloniste Bernard Accoyer.

À Lyon, loin des guerres intestines, l’ex-président LR est apparu souriant, flanqué de son habituelle cravate bleue sur chemise blanche, et son ironie souvent mordante à l’égard de la presse. Il a présenté un budget 2017 qu’il baptise « New Deal », en référence à la politique menée par le président américain Leonard Roosevelt en 1933, pour relancer l’économie après la crise intervenue en 1929. « Je ne mène pas une politique d’austérité, clame l’Auvergnat. Je lutte contre le gaspillage des fonds publics et je les réinjecte dans des investissements utiles pour le territoire » a-t-il revendiqué, dénonçant un « effondrement » des investissements intervenus sous le mandat de son prédécesseur.

De fait, le rapport financier établissant une analyse rétrospective du budget conduit par Jean-Jack Queyranne entre 2009 et 2014 montre une érosion des dépenses investissements au fil des ans de l’ordre de -0.4% et une hausse de +2,4% des dépenses de fonctionnement.

C’est le "grand argentier" Etienne Blanc, 1er vice-président en charge des finances et à la tête d’un budget annuel de 3 milliards d’euros (1,15 milliards de dépenses d’investissements plus 1,9 milliards de dépenses de fonctionnement) qui a la charge d’inverser la tendance. Sa méthode : « on ne prend plus en charge les dépenses de fonctionnement de nos partenaires puisqu’on veut économiser 75 millions d’euros sur 2017. En revanche on les leur restitue sous forme d’investissements, qui eux augmentent de 100 millions » indique le maire de Divonne-les-Bains.

Ces 100 millions sont affectés à quatre priorités que sont la sécurité (+25M€), l’emploi (+45M€), les « projets d’avenir » tels que la couverture internet des zones blanches (+18M€) et la « défense de la ruralité » (sic), qui bénéficie de +22 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2016.

Dans le détail, et côté sécurité, 15M€ sont fléchés pour la vidéoprotection dans 105 gares ou leurs abords et 16 rames TER seront équipées de caméras. Les lycées bénéficieront d’une rallonge de 10M€ pour renforcer leur sécurité. Sur le territoire, l’effort concédé pour la résorption des zones blanches se monte à 2 millions d’euros, 20 millions d’euros pour les aménagements simples dans les petites communes, et 4 millions pour la construction de maisons de centres dans les zones reculées.

Côté jeunesse, l’exécutif n’a pas poussé très loin la créativité, se contentant d’allouer 23 millions d’euros pour quelques rénovations de lycées et celle d’un centre national d’entraînement pour sportif de haut niveau.

Pour l’emploi enfin, la région débloque 30M€ pour aider les entreprises en direct ou via de l’ingénierie financière ; le budget 2017 augmente de 6,5Millions d’euros pour la R&D, les universités, et 2 millions visent à épauler l’économie du tourisme. La formation professionnelle, l’une des principales compétences de la région, est légèrement soutenue ( + 7 millions d’euros) et dédiée à des formations pour les secteurs qui recrutent. A noter : le nouveau dispositif régional pour accroître le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA doté d’une enveloppe de 2 millions d’euros se nomme « lutter contre l’assistanat ». L’animal politique Laurent Wauquiez a perdu la tête du parti Les Républicains, mais compte visiblement rayonner depuis Auvergne-Rhône-Alpes pour entretenir son image nationale.

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