«On avait tablé sur un redémarrage de l'activité en septembre. Aujourd'hui, on l'attend toujours». Pour Guillaume Rabourdin, vice président du CDM (comité de développement de la métallurgie) des Pays de la Loire, la filière métallurgie-mécanique vit des heures particulièrement difficiles alors qu'elle représente 40% du poids industriel de la région. Surtout, si certains secteurs tels que l'agroalimentaire ou le machinisme agricole ont semblé un temps relativement épargnés par la crise, ce n'est plus le cas aujourd'hui. «Il y avait encore quelques niches pour garder de l'activité mais plus maintenant car tout le monde s'est reporté dessusavec à la clé de grosses baisses de prix. Même des secteurs qui souffrent peu limitent leurs investissements», note Guillaume Rabourdin. Navale, machines-outils, automobile,etc.: tous les voyants sont au rouge aujourd'hui pour les professionnels de la métallurgie qui s'attendent même à une mauvaise année 2010 pour l'aéronautique. Vers des dépôts de bilan «L'heure n'est plus à faire le dos rond mais bien à redimensionner nos outils de production car nous avons déjà réduit de 20% nos frais fixes. Nous avons peut-être fait une erreur stratégique en nous disant que ça allait repartir et en cherchant à tout prix à préserver les emplois. Sur le début de l'année 2010, nous pouvons même craindre un nombre de dépôt de bilan incroyable car nous ne voyons pas de signe de reprise», ajoute Guillaume Rabourdin. Dans cette sinistrose ambiante, les industriels du secteur louent cependant l'action et les outils mis en place par la Région et l'État afin de permettre aux entreprises de traverser la crise. Mais ils pointent du doigt les banques. «J'ai déposé un projet de rupture technologique éligible au dispositif régional Objectif Performance. Il est au point mort car mes banquiers ne veulent pas me suivre. Et ce, malgré que mon entreprise fera du résultat en 2009», déplore cet industriel du CDM. Au sein de la filière, l'heure est donc à serrer les rangs pour faire face à la crise. «On voit que les démarches collectives, type cluster, comme Neopolia, Apportec ou Clusterxport fonctionnent bien et il faut continuer à s'appuyer dessuspour proposer une offre globale», estime ainsi Hervé Ménard, membre du bureau du CDM. Dans ces conditions, la métallurgie a-t-elle encore de l'avenir dans la région et dans l'Ouest? Cette question, certains industriels se la posent réellement aujourd'hui. «Nous allons mettre au moins cinq ans pour nous remettre de cette crise, que ce soit au niveau de nos investissements ou de nos opérations de croissance externe», conclut Guillaume Rabourdin.
Le blues de la filière métallurgie-mécanique
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