«Des fondamentaux sont posés. À présent, on peut travailler à s'améliorer et à rectifier les choses». Créateur et président de La Chaîne Normande (LCN), Éric Terrier s'appuie sur une étude d'audience menée par un cabinet indépendant: «à la manière de Médiamétrie» pour estimer le taux de pénétration et de notoriété de sa chaîne de télévision locale. Sur les 500 personnes interrogées, 48% déclarent connaître la chaîne. Parmi eux, 40% regardent la chaîne et 19% précisent la regarder quotidiennement. Un résultat dont se félicite le président de LCN: «Un bon résultat au bout de seulement quelques mois d'audience et surtout sans gros budget de communication».
Problème de moyens
Le manque de moyens, un problème de fond pour la jeune chaîne déjà sujette aux critiques: trop rouennaise, seulement deux heures de programmes frais par jour, pas assez d'info... Des faiblesses assumées par Éric Terrier et qu'il justifie: «Nous avons un problème de moyens humains. C'est une petite équipe de quinze personnes et les JRI ne peuvent faire que deux sujets par jour. Nous avons dû nous contenter d'un budget d'un peu plus d'1M€ au lieu d'un budget prévu entre 1,3 et 1,5M€. Nous avons dû faire des coupes en coproduction, sur les frais généraux et c'est vrai que les salaires sont plutôt très bas. Cette différence de budget est préjudiciable car nous aurions pu faire plus d'émissions. Mais, il faut tenir compte des capacités financières du territoire et du temps nécessaire pour mettre en confiance et faire venir les annonceurs». Pour ce qui est de la couverture du territoire, le président de LCN estime qu'il faut aussi du temps pour prendre la mesure du défi: «Nous sommes très rouennais pour l'instant car il faut s'installer sur le territoire. De plus, les grandes capitales comme Rouen sont productrices de plus d'événements».
Quelles pistes pour s'améliorer demain?
L'ensemble des collectivités
participantes à l'aventure LCN a de nouveau signé pour 2012-2013, assurant ainsi prêt de la moitié du budget de la chaîne, avec un nouvel arrivant: le département de l'Eure pour un montant de 100.000€. De quoi donner de l'oxygène à la chaîne et permettre de réaliser des émissions sur ce territoire. Autre piste de développement, augmenter les programmes d'information, explique David Desmarais, directeur des programmes: «Un grand rendez-vous d'info existera à court ou moyen terme sur LCN». Le développement du direct est aussi au programme, selon Éric Terrier: «Le direct est un bon moyen de multiplier les heures de programmes frais et de se rapprocher des minimas imposés par le CSA. À terme, pour 2016, nous souhaitons réaliser douze heures de programmes frais par semaine. Ces programmes sont la force et la promesse d'une chaîne locale». Accentuer le développement de la chaîne vers les jeunes de 18-35 ans semble s'imposer d'après le président de LCN: «Les jeunes ont déclaré nous regarder, surtout les concerts. Notre différence face à nos confrères de France 3 sera d'intéresser ce public qui regarde moins la télé. C'est pourquoi nous allons doubler les concerts, acheter de la bande dessinée et renforcer le direct sur l'événementiel: Armada, sports, Normandie impressionniste...» Plus étonnant, Éric Terrier qui veut: «développer une forme d'enthousiasme et de sourire», sur sa chaîne, souhaite l'ouvrir au plus grand nombre et réaliser un modèle de chaîne participatif. Ainsi, un concours a été ouvert pour sélectionner des spectateurs qui viendront présenter la météo à l'antenne. Un partage de l'antenne également proposé aux confrères journalistes: «Car ils connaissent bien les acteurs et le territoire et peuvent apporter leurs compétences. L'idée c'est de chercher une manière originale de partager l'antenne». Enfin, LCN va réaliser une augmentation de capital, comprise entre 400.000 et 800.000€ mais sans caractère d'urgence précise Éric Terrier: «L'ensemble des actionnaires est persuadé que plus d'ambition c'est plus d'attractivité et donc, plus d'annonceurs».
Sébastien Colle
www.lachainenormande.fr
Télévision. La Chaîne Normande fête sa première année d'existence. C'est l'heure du premier bilan en terme d'audience et de contenus ainsi qu'en terme économique.