La créatrice
Lyonnaise d'origine, diplômée d'une maîtrise en finance et de l'ESCP Europe, Guillemette de Colombe a travaillé dans l'analyse de risque, le conseil en optimisation des achats puis en stratégie, avec une expérience entrepreneuriale de 18 mois en créant sa société de conseil. C'est en arrivant à Toulouse en avril 2015 que naît l'idée de créer une marque de chaussures « classique et fantasque », au-delà d'une distribution lambda. « J'aime le cuir, j'aime la matière », explique Guillemette de Colombe, qui fonde la SARL Lapin Chausseur en mai 2016.
Le concept
Il a fallu identifier 200 fournisseurs en Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Pologne et France pour sélectionner son fournisseur attitré, en Espagne. « C'est important que la fabrication soit européenne, justifie-t-elle. Mes tanneurs sont tous européens. » Elle dessine dès lors chez ce partenaire une collection de 40 modèles de chaussures, du 18 au 40. Et fait développer un site de vente en ligne par l'agence toulousaine Human's Connexion. La première vente se fait le 23 septembre. Soixante-dix paires se sont vendues les deux premières semaines, sans publicité.
Côté financement, Guillemette de Colombe est passée par une opération de crowdfunding, soit 8 000 euros pour financer les prototypes, l'achat d'un bi-porteur pour la livraison à Toulouse et des travaux d'aménagements pour stocker les chaussures. Un prêt bancaire de 40 000 euros a été aussi sollicité.
Les perspectives
« J'ouvrirai peut-être l'actionnariat à des amis entrepreneurs », confie-t-elle, espérant un chiffre d'affaires de 270 K€ d'ici à trois ans, en national et international. À terme, « pourquoi pas vendre via certains distributeurs ? Mais je veux rester une marque confidentielle et intimiste. » En attendant, la patronne de Lapin Chausseur commence à plancher sur la collection été de ses chaussures en cuir, dédiées aux enfants (avec des capsules mères-enfants).