Le Journal des Entreprises : Quel bilan tirez-vous de votre première année d'activité ?
Alexandre Wahl : Les ambitions de simplification, proximité et complémentarité, à la base de la création de l'Agence de développement pour la Normandie (ADN, Ndlr), nous ont permis d'atteindre un certain nombre d'objectifs. Ainsi, la simplification est une réalité à travers les dispositifs « Impulsion » complémentaires (conseil, innovation, export, immobilier, Ndlr) ou encore « Coup de pouce » destiné à soutenir la création et reprise d'entreprise de moins de 10 salariés et le dispositif ARME (Anticipation Redressement Mutations Économiques) pour les entreprises en situation de fragilité. Tous les moments de la vie de l'entreprise trouvent une réponse avec l'ADN.
L'ADN tient-elle ses promesses en matière de dossiers traités et de délais ?
A.W. : Sur douze mois, nous avons réalisé plus de 1.100 visites et entretiens approfondis pour des discussions de projets très concrètes. En année pleine, nous serons sur une base de 1.500 visites. En matière de délais, nous nous étions engagés à des réponses rapides auprès des entreprises, ce qui est le cas, notamment avec l'aide « Impulsion développement » avec une moyenne de 53 jours entre la rencontre ADN/entreprise et le dépôt du dossier, et 47 jours pour passer en commission permanente. En ce qui concerne « Impulsion export », le délai entre la première visite et le dépôt du dossier tombe à 36 jours avec un délai d'instruction administratif de 22 jours en moyenne.
Quel a été le montant des aides attribuées en un an ?
A.W. : En moins d'une année, environ 40 millions d'euros d'aides ont été attribués à 400 dossiers, sauf ARME, via les dispositifs « Impulsion », principalement sous forme de prêts, générant au total 160 millions d'euros d'investissement, soit un effet levier de 4. Si l'on met ces chiffres en perspective avec le bilan 2016 produit par la Banque de France, on constate une hausse de +19 % des investissements dans le domaine des entreprises manufacturières sur notre territoire. Parmi nos autres outils, le fonds régional de garantie nous a également permis de couvrir près de 25 millions d'euros d'investissements garantis par le fonds, et le fonds régional d'innovation avec Bpifrance a permis d'engager 10 millions d'euros en matière d'innovation.
Quelle est la typologie des entreprises bénéficiaires des dispositifs « Impulsion » ?
A.W. : 53 % sont des TPE et 41 % des PME. 29 % des bénéficiaires se situent dans le domaine de l'énergie, 13 % dans l'agroalimentaire, et encore 9 % dans celui de la santé. En moyenne, ces entreprises bénéficient de prêts d'un montant moyen de 320.000 euros pour « Impulsion développement » et de 40.000 euros pour « Impulsion export ».
Quel est le bilan du fonds Normandie participations ?
A.W. : C'est un fonds d'investissement qui doit prendre sa place et monter en puissance mais avec lequel nous avons déjà, sur six mois d'existence, 150 dossiers déposés et trois à quatre nouveaux par semaine, et avons rencontré 70 porteurs de projets. 45 millions d'euros de besoins se sont exprimés et nous avons près d'une quinzaine d'investissements validés par le conseil d'administration. D'ici la fin du premier semestre, 15 millions d'euros seront décaissés.
Quelles sont les entreprises bénéficiaires de Normandie participations ?
A.W. : Nous intervenons principalement en amorçage et développement pour des entreprises des TIC et de l'industrie. Ce sont vraiment les domaines où nous voulions axer notre effort, des entreprises qui de par leur activité et leur rendement avaient des difficultés de financement. La majorité de nos financements sont autour de 500 000 euros mais nous intervenons aussi sur des opérations de plus grande importance de type Metal Value pour 1,5 million d'euros en capital, avec l'idée d'amorcer la constitution d'une filière. Pourquoi pas une Métal vallée de haute technologie ? Notre objectif est de consolider l'industrie en allant vers des productions de haute valeur ajoutée.
Avez-vous trouvé votre équilibre entre les départements normands ?
A.W. : Il y a une vraie équité entre les territoires des deux ex-régions normandes avec pratiquement 50% des dossiers sur les deux zones. Le département où nous réalisons le plus de visites est la Seine-Maritime à 40%, puis le Calvados avec 30%. Ce qui est à noter, c'est que nos pourcentages de visites sont corrélés au nombre d'établissements présents dans chaque département. Ainsi, il y a 35% des établissements normands en Seine-Maritime. Par la suite, une fois l'agence bien établie, nous avons prévu de fournir un effort particulier sur les départements moins pourvus en établissements.