La Loire-Atlantique compte un nouveau leader national. Avec 25% de parts de marché sur le front de la signalisation routière et urbaine, Lacroix Signalisation, filiale du groupe Lacroix (Saint-Herblain), est désormais le poids lourd hexagonal du secteur. «Nous comptons a priori quatre points d'avance sur notre plus proche concurrent», calcule Pascal Rouchet, le président de cette structure qui a pesé 112M€ de CA en 2008 et qui emploie 800 salariés en France, dont 300 sur son site herblinois
Rachat à Bordeaux
Pour faire la différence, Lacroix Signalisation a tout d'abord renforcé ses positions sur les marchés pluriannuels. «Nous avons acquis une meilleure connaissance du fonctionnement de ses marchés, qui pèsent désormais pour plus de 50% contre 20% il y a trois ans», souligne le président. De même, le rachat de la société bordelais SDS (50 salariés, 10M€ de CA) opéré en décembre2008 (NDLR: Lacroix Signalisation en détenait jusqu'alors 50%) aurait permis de gagner 1,5% de part de marché. Enfin, Lacroix Signalisation a profité de la montée en régime de son réseau d'agences commerciales, qui comprend aujourd'hui 46 unités, dont six en Espagne. Reste que l'entreprise devra maintenant batailler pour maintenir son leadership. Sur ce plan, elle mise beaucoup sur ses nouvelles gammes (Lx3, signalisation de police lancée en 2008, et la toute nouvelle Dx3, signalisation directionnelle). Des produits soutenus par de forts investissements: l'an passé, le site de Saint-Herblain a ainsi bénéficié d'une enveloppe de 1,8M€ pour être doté de 1.500m² de bâtiments équipés dédiés au Dx3, produit marketé en trois familles pour s'adapter aux différents budgets des clients. «Avec cette gamme, nous partons pour dix ans, d'autant plus que nous avons intégré dans sa fabrication l'aspect environnemental, ce qui constitue un critère de choix de plus en plus important sur les marchés. Nous passerons la certification Iso 140001 (NDLR: management environnemental) à la fin de l'année», estime Pascal Rouchet.
Le mobilier urbain en ligne de mire
Attention cependant: Lacroix Signalisation ne songe pas à partir dans une conquête à marche forcée de nouvelles parts de marché, notamment en raison d'un certain effet plafond et d'une guerre féroce des prix. Celle-ci devrait d'ailleurs se solder pour l'entreprise par un recul de 7 à 8% de l'activité sur l'exercice en cours. «Chaque point supplémentaire est désormais très coûteux à acquérir. Notre idée est d'aller trouver du développement sur d'autres fronts. À ce titre, nous voulons intensifier en 2010 nos positions sur le marché du mobilier urbain, qui est aujourd'hui très atomisé, soumis à un nombre réduit de normes, et donc de barrière à l'entrée. Avec la culture de design et de la fabrication que nous avons acquise, nous pouvons aller sur ce front que nous couvrons aujourd'hui très peu», révèle Pascal Rouchet. Proposant déjà une gamme de potelets et un modèle de totem, Lacroix Signalisation s'apprête donc à passer la vitesse supérieure sur ce secteur. Aujourd'hui, il ne pèse que 5% du CA de l'entreprise. Une part réduite, à l'image de l'export, qui n'a pesé l'an passé que pour 10M€ de revenus. Là aussi, Lacroix Signalisation - aujourd'hui présent physiquement en Espagne - veut progresser, en regardant notamment vers l'Europe centrale et orientale où elle souhaiterait conclure des partenariats locaux. Visiblement, devenir leader n'empêche pas d'avoir encore de l'appétit.
Désormais leader du marché français de la signalisation routière et urbaine, Lacroix Signalisation compte sur ses nouvelles gammes pour entretenir ses positions. La filiale du groupe Lacroix souhaite également trouver un relais de croissance dans le mobilier urbain.