Clap de fin pour la triperie Michel Haméon à Saint-Brieuc. Fondée en 1978, la société costarmoricaine a été liquidée le 14 juin 2017, avec arrêt immédiat de l'activité, par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc. Avec cette décision, c'est la fin d'une certaine tradition culinaire « à la française » qui s'arrête. L'entreprise familiale (28 salariés, 6 millions d'euros de chiffres d'affaires, 2.000 t produites par an) avait fait de la valorisation des abats, sous différentes formes, notamment cuisinées (tripes à la mode de Caen, lyonnaises, tête de veau, etc.), l'axe de sa réussite pendant plus de trente ans.
Pas de solution de reprise
Confrontée à une consommation en net recul depuis plusieurs années, Michel Haméon n'avait pas trouvé les relais de croissance nécessaire à la diversification de ses activités malgré le lancement d'une offre de saurisserie (merguez, chipolatas, etc.) et de plats cuisinés. Distribuant majoritairement via des réseaux de grossistes et des magasins de proximité, l'entreprise avait récemment noué un accord de commercialisation avec l'enseigne bretonne de produits surgelés Ecomiam. « Notre trésorerie s'est tendue au premier semestre, précise le P-dg Frédéric Haméon qui avait succédé à son père Michel Haméon. Nous avons cherché des solutions de reprise sans succès. » Placée en liquidation judiciaire le 31 mai, la PME de Saint-Brieuc avait déjà vécu un scénario similaire en 2013 avec un redressement judiciaire prononcé par le tribunal de commerce de Rennes suivi d'un plan de continuation validé en 2014. Dans le cadre de cette nouvelle procédure, la société Michel Haméon avait bénéficié d'une poursuite de son activité jusqu'au 30 juin. Les juges du tribunal de commerce de Saint-Brieuc ont préféré arrêter l'aventure avant.