In Extenso a bouclé l’exercice 2025 en croissance de 8 % à 650 millions d’euros. Quel bilan tirez-vous de cette année écoulée ?
Nous essayons toujours de privilégier un certain équilibre entre croissance interne et croissance externe. Cette année, nous avons poursuivi nos acquisitions mais notre croissance interne a été un peu moins forte à cause d’une inflation moindre mais aussi à cause de difficultés plus importantes rencontrées par les entreprises. Ce qui explique que nous affichons une croissance globale de 8 % contre 11 % l’an passé.
Quel poids pèsent les acquisitions dans votre croissance globale ?
Nos acquisitions représentent en moyenne 20 à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel chaque année. Cette année, on a ainsi réalisé 30 millions d’euros supplémentaires. C’est un bon niveau par rapport à notre taille, cela nous permet de les intégrer sereinement, de maîtriser notre croissance et d’assurer une rentabilité stable année après année.
"Nous ciblons des pays limitrophes qui parlent la même langue que nous. Cela permet d’avoir plus de synergies et des éléments culturels communs"
Croissance externe, essentiellement sur le marché français ou européen ?
Depuis deux ans, nous sommes allés au Benelux où nous réalisons 15 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à deux opérations. Dans les 30 millions d’euros de cette année, il y a environ 20 millions d’euros en Suisse, entre de l’activité d’expertise-comptable et un éditeur informatique.
Nous poursuivons notre stratégie européenne mais avec une volonté, non pas de mettre des petits drapeaux partout, mais plutôt de cibler des régions en étant dès le début dans le top 10 du marché local. En Belgique, nous avons favorisé la partie francophone. Idem pour la Suisse. Nous ciblons des pays limitrophes qui parlent la même langue que nous. Cela nous permet d’avoir plus de synergies, de bien se comprendre et d’avoir des éléments culturels communs.
Quid de l’Espagne, un pays non francophone ? La stratégie est un peu différente ?
Effectivement. Nous avons commencé une autre expérience en Espagne. Nous avons créé cette année une Joint-Venture avec le cabinet ETL Espagne que l’on connaît bien, puisque nous faisons partie du réseau ETL. Cette joint-venture nous permet de traiter ensemble les clients français en Espagne. Des clients qui sont majoritairement installés à Madrid et Barcelone. Nous ne cherchons pas à faire une couverture de l’Espagne, nous nous concentrons sur les clients francophones qui sont de deux natures : les filiales espagnoles de groupes français et des entrepreneurs francophones qui créent une société en Espagne. Notre stratégie européenne passe par les pays et les clients francophones.
Quelles sont vos ambitions sur le marché espagnol ?
In Extenso Espagne enregistre pour l’instant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’ambition, c’est d’atteindre entre 5 et 10 millions d’euros dans les prochaines années. L’objectif est aussi de dupliquer ce modèle de développement dans les autres pays européens qui ont des flux importants avec la France. Toujours en ciblant les clients francophones de ces pays et les grandes villes, et plutôt via la création de joint-ventures pour nous appuyer sur des locaux qui connaissent bien la réglementation locale et qui ont aussi les outils locaux.
Quels pays ciblez-vous en priorité ? Et avez-vous déjà des projets de joint-ventures dans les cartons ?
Nous avons des projets mais rien de signé. Les pays que l’on cible sont l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre… Nous avons commencé par l’Espagne car la France est le premier partenaire économique de l'Espagne. Les entreprises françaises sont les premières qui investissent en Espagne.
Quelles sont les ambitions d’In Extenso pour les années à venir ?
Notre plan stratégique 2028 doit nous amener à 800 millions d’euros de chiffre d’affaires à cet horizon. Pour ce faire, nous allons continuer à nous développer avec un rythme de croissance de 40 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire par an… Toujours en mixant croissance organique et croissance externe, et croissance en France et à l’étranger.
Quelles sont les grandes orientations du développement en France ?
L’objectif est de continuer à nous développer dans l’expertise-comptable mais aussi sur les activités de conseil.
"Nous ne voulons pas faire de l’IA pour faire de l’IA mais pour réellement améliorer la production, réduire les coûts et générer du chiffre d’affaires supplémentaire"
Quid des investissements — hors croissance externe — réalisés en 2025 ?
Nous sommes allés chercher des talents en dehors de nos secteurs d’activité pour nous ouvrir à d’autres façons de penser. Nous avons recruté notre directrice data dans le secteur de la santé, où les professionnels sont habitués à traiter beaucoup de données sensibles, et nous sommes allés chercher notre directeur IA dans le secteur de la grande distribution pour avoir quelqu’un de pragmatique. Nous ne voulons pas faire de l’IA pour faire de l’IA mais pour réellement améliorer la production, réduire les coûts et générer du chiffre d’affaires supplémentaire.
Nous avons aussi investi dans un cloud privé pour développer notre propre IA sans que cette dernière puisse sortir à l’extérieur. Et ce pour des raisons de sécurité mais aussi pour capitaliser sur les prompts. Ce qui n’est pas possible de faire avec des solutions marchés. Pour développer tout ça, nous avons utilisé un module pour aider nos collaborateurs à faire du prompt. Ce module a été testé dans une région sur 200 personnes. Fort du succès rencontré, nous avons décidé de déployer cet outil auprès de nos 7 300 collaborateurs. Sur l’IA visible, on est sur un budget d’investissement de 1,5 million d’euros. Après, il y a toute l’IA invisible, celle qui est intégrée dans les outils et que vous ne voyez pas.
Où en êtes-vous de la facturation électronique obligatoire ?
Nous avons fortement investi pour accompagner nos clients sur ce volet de manière qu’ils soient prêts en septembre 2026. Avec notre éditeur Full, nous avons développé un module achat qui permet de gérer des workflows de validation sur les factures. Ce module fait le lien directement avec la plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) et la comptabilité. Notre travail est de faire comprendre à nos clients que ce module va les aider à répondre à l’obligation réglementaire et de les convaincre de l’installer chez eux. Pour l’heure, un tiers de nos clients sont déjà équipés et prêts pour la facturation électronique, un tiers est en cours d’équipement et un tiers sont plutôt réfractaires. Et ce sont eux qu’il va falloir accompagner d’ici septembre 2026.