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La stratégie d'Orexad pour atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires
Lyon # Distribution # Fusion-acquisition

La stratégie d'Orexad pour atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires

Après avoir réorganisé l'ensemble de son réseau de distribution de fournitures B2B (outillage, équipements...), l'acteur lyonnais - rattaché au groupe IPH - se lance dans une ambitieuse politique d'acquisitions. Pour atteindre, d'ici à 2020, le « milliard d'euros de chiffre d'affaires », confie Pierre Vanstoflegatte, son nouveau P-dg.

Le Journal des entreprises : Après plusieurs années à la tête de Schindler France, vous avez récemment pris les rênes de Orexad (rattaché au groupe européen IPH, CA : 1,15 Md euros, détenu par PAI Partners). Quelle est votre feuille de route ?

Pierre Vanstoflegatte : Le coeur de ma mission est de remettre une couche de croissance à Orexad. Un entreprise qui a connu un "creux" sur ses derniers exercices. De fait, mon prédécesseur (Serge Chamblas, Ndlr) a fait un énorme travail d'harmonisation des réseaux, ce qui a consommé beaucoup d'énergie en interne. Mais ce travail est derrière nous. Nous souhaitons repartir sur un cycle de croissance soutenu. En interne d'abord, portés par les grands comptes et le e-business mais aussi et surtout par une politique volontariste de croissance externe.

Comment se concrétise cette politique d'acquisitions ?

P.V. : Nous sommes repartis avec une vraie agressivité sur le marché français. En seulement quelques mois, nous avons déjà racheté plusieurs entreprises dont les dernières sont Technic Industrie, Proma Industrie, NT Transmissions et Sogema services. Nous en avons évidemment d'autres dans le pipe. Nos ambitions d'acquisitions vont nous permettre de recréer de la croissance et d'amener de l'expertise sur notre réseau. Nous visons en effet des experts métiers - performants dans l'usinage, les différentiels, l'entretien de machines, etc... qui peuvent intervenir tant à l'échelle locale que nationale.

Quels sont les objectifs de croissance de l'entreprise à horizon 2020 ?

P.V. : Notre ambition est d'atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires dans trois ou quatre ans, poussé principalement par cette stratégie de rachats tout en renouant avec un bon niveau de croissance organique.

La particularité du marché français de la distribution industrielle est sa fragmentation en une multitude d'acteurs. N'est-ce pas un frein aujourd'hui pour Orexad ?

P.V. : Au contraire, le secteur de la fourniture industrielle le permet. C'est en effet un marché très peu consolidé. Avec 620 millions d'euros, Orexad pèse par exemple à peine 8 % du marché hexagonal. Les majors du marché, au nombre de quatre ou cinq, font tous moins de 20 %. C'est une force pour nous en ce moment. Cette fragmentation offre de belles opportunités de rachats. D'autant que nous sommes dans une phase de « fin de cycle » pour de nombreuses PME du secteur créées dans les années 60. Leurs dirigeants en âge de partir à la retraite cherchent à céder leurs affaires.

Quels sont les profils qui retiennent votre attention ?

P.V. : Nous faisons feu de tout bois mais somme particulièrement intéressés par des PME qui génèrent un chiffre d'affaires entre 2 et 5 millions d'euros. Celles-ci ont souvent un très bon carnet de commandes et d'excellentes compétences locales. Nous cherchons également un certain nombre d'acteurs intermédiaires, affichant un chiffre d'affaires à 25 ou 30 millions d'euros. Mais hélas, ils ne sont pas nombreux. Cette politique d'acquisitions touche l'ensemble du périmètre de IPH, qui s'est étoffé en 2016 en particulier en Espagne, avec plusieurs rachats et en Italie, l'année précédente. L'Allemagne est aussi un des piliers de développement du groupe.

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