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La start-up nantaise Cathpax commercialise une cabine pour protéger les soignants des rayons X
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La start-up nantaise Cathpax commercialise une cabine pour protéger les soignants des rayons X

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Spin-off de l’entreprise Lemer Pax, Cathpax a mis au point une cabine qui protège les soignants des rayons X, auxquels ils peuvent être exposés de longues heures chaque jour. L’entreprise vient de publier une étude démontrant que sa cabine est 11 fois plus efficace que les tabliers de plomb utilisés actuellement. Cathpax visera dans un premier temps un déploiement à l’échelle européenne.

Cathpax commercialise une cabine qui sépare l’équipe soignante de la source des rayons X — Photo : Cathpax

Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Et les médecins les moins bien protégés ? Sûrement. En tout cas pour les médecins qui interviennent en cardiologie, pour poser un stent par exemple, ou encore en neurologie pour soigner un anévrisme. Ils sont régulièrement exposés à des rayons X, durant des opérations qui peuvent durer plusieurs heures. Une exposition qui peut conduire à des pathologies radio-induites comme la cataracte ou de potentiels cancers. Pour s’en prémunir, Cathpax, spin-off de l’entreprise nantaise Lemer Pax (140 salariés, 28M€ CA 2024), a mis au point une cabine baptisée Nova-X, qui permet de protéger l’ensemble des corps de l’équipe soignante.

L’entreprise, qui a obtenu en décembre le marquage CE, ouvrant la porte à une commercialisation en Europe, vient de publier une étude pour prouver l’efficacité de son dispositif.

11 fois plus efficace que les tabliers de plomb

La cabine de Cathpax sera vendue environ 100 000 euros — Photo : Cathpax

Menée dans plusieurs centres, cette étude établit que Nova-X serait 11 fois plus efficace que les tabliers de plomb actuels utilisés par les médecins lors des interventions. "Nous passons d’une protection individuelle à une protection collective. Derrière la cabine, le degré de radiation est équivalent à celui qu’il peut y avoir dehors, dans un environnement naturel", pointe Pierre-Marie Lemer, président de Cathpax.

Fondée en 2024, Cathpax commercialise ainsi un produit qui a bénéficié de 10 ans de recherche, et qui sera mis sur le marché à environ 100 000 euros. "Créer un spin-off permet d’être plus identifiable, et de ne pas noyer cette innovation parmi les différentes activités de Lemer Pax", ajoute-t-il.

Une commercialisation lancée en Europe

Avec aujourd’hui une équipe de cinq personnes à 100 %, Cathpax envisage quelques recrutements supplémentaires pour enclencher la dynamique commerciale et accompagner les équipes médicales dans la prise en main de Nova-X.

"Nous nous lancerons dans un premier temps en France, où nous commercialiserons par nous-mêmes, et dans le reste de l’Europe où nous passerons par des distributeurs, précise Valérie Chevreul, directrice générale de Cathpax. Nous ambitionnons d’aller ensuite assez rapidement au Moyen-Orient, où nous avons déjà certains distributeurs, communs avec Lemer Pax, qui sont pertinents sur ce territoire".

Pour le continent américain, il faudra encore attendre un peu : Cathpax vise l’obtention de l’approbation FDA (Food and Drug Administration) au cours des deux prochaines années.

Moins de troubles musculosquelettiques

Pour convaincre les services hospitaliers, la cabine de Cathpax ne mise pas que sur une meilleure protection. Elle permet aussi aux médecins de ne pas porter durant plusieurs heures ce lourd équipement de plomb qui pèse plusieurs kilos. "De nombreux médecins étaient sujets à des troubles musculosquelettiques", ajoute Pierre-Marie Lemer.

Pour être adoptée, la cabine doit aussi s’adapter au travail des médecins. "Elle pèse plus de 200 kg, mais il est possible de la déplacer très facilement, avec deux doigts, grâce à un système de roues que nous avons mis au point. Nous avons veillé à ce que les différents spécialistes n’aient pas besoin de changer leur gestuelle", détaille Valérie Chevreul. Cathpax espère ainsi faciliter le travail des soignants, et potentiellement limiter leurs arrêts de travail.

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