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La start-up Conecsio rachète Edop pour booster la recherche médicale
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La start-up Conecsio rachète Edop pour booster la recherche médicale

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Alors que les données médicales demeurent sous-exploitées, la start-up montpelliéraine Conecsio se positionne pour en faciliter et sécuriser l’usage. Elle rachète la pépite Edop afin de structurer ce marché appelé à se développer fortement.

Philippe Smolders, PDG de Conecsio, et Maëva Dupré, DG et associée d’Edop — Photo : Conecsio

Seules 1 % des données de santé sont réutilisées dans la recherche médicale alors qu’elles représentent le tiers des datas générées chaque année dans le monde. Sur ce constat, la start-up Conecsio (6 salariés) a été fondée en 2023 à Montpellier avec l’ambition de faciliter l’utilisation des données médicales tout en garantissant le respect des exigences réglementaires. Pour accélérer sa croissance commerciale, elle signe l’acquisition des activités de la start-up montpelliéraine Edop. Créée en 2018, celle-ci a conçu une plateforme d’information médicale et de gestion des consentements en temps réel.

Sécuriser les essais cliniques

Pour Conecsio, le rapprochement des 2 start-up présente un double avantage. D’une part, il va simplifier l’inclusion des patients dans les essais cliniques. "En 2021, on a dénombré plus de 13 000 essais cliniques en Europe. Or, recruter des patients à cette fin est difficile. La plateforme d’Edop, en utilisant des vidéos pédagogiques et des chatbots à base d’intelligence artificielle, permet de sécuriser leur consentement et limite le risque de les perdre ensuite", explique Philippe Smolders, PDG de Conecsio.

D’autre part, les solutions d’Edop ont achevé leur cycle de R & D et sont commercialisables dès à présent. La start-up adresse majoritairement les entreprises spécialisées ("CRO") qui fournissent des services de recherche clinique à l’industrie pharmaceutique. "Nous aurons par ce biais un accès plus rapide au marché, et donc plus de visibilité autour du nom de Conecsio", poursuit le dirigeant.

En phase avec l’évolution réglementaire

Par ailleurs, l’acquisition d’Edop est pour Conecsio un choix stratégique sur le plan réglementaire. En 2024, le Parlement européen a voté la création d’un "Espace Européen des Données de Santé" (EEDS), qui vise à faciliter le partage de ces données entre l’ensemble des acteurs de la filière. En attendant que la loi soit publiée en France, Conecsio veut prendre de vitesse les autres fournisseurs de solutions numériques sur ce créneau. "Selon la loi EEDS, un producteur de datas (CHU, laboratoires, etc.) qui constitue une base de données de santé devra justifier qu’il le fait en conformité, et aura l’obligation de partager ces données. Pour cela, il devra les mettre en visibilité dans des catalogues certifiés : c’est le premier niveau de l’offre que développe Conecsio", commente Philippe Smolders.

Une exploitation commerciale imminente

Au sein de sa propre solution, baptisée "Dataloom", Conecsio travaille sur 2 autres modules. L’un d’eux permettra d’opérer ce partage de données de santé dans le respect du consentement exprimé par le patient. L’autre permettra de calculer la redevance revenant au producteur de datas en contrepartie de ce partage. L’ensemble des 3 modules sera finalisé par Conecsio d’ici l’été prochain. La start-up montpelliéraine projette de les mettre en production chez des partenaires à cette date et vise, dans les 2 ans, un portefeuille d’une quinzaine de grands clients européens.

À noter que Dataloom et les produits d’Edop seront commercialisés séparément, même s’ils ont été adaptés pour communiquer nativement. De nouveaux développements sont déjà en cours autour de l’offre Edop, notamment une IA générative destinée "à simplifier la sémantique médicale et à apporter des réponses toujours plus adaptées au patient".

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