Les CCI doivent participer à la réduction de 7 Md€ des dépenses de l'État d'ici à 2011. Ainsi en a décidé le conseil de modernisation des politiques publiques. Elles devront donc fournir «un effort de rationalisation, de mutualisation des fonctions supports, de réduction de la dispersion des structures», comme le cite Jean-François Le Tallec, président de la CCI du Morbihan mais aussi de la CRCI, qui a assisté le 25novembre, en tant que secrétaire adjoint, à l'assemblée générale des chambres françaises de commerce et d'industrie.
Contexte d'appel d'offres
Jean-François Le Tallec n'hésite pas à adopter la position du tireur couché pour viser certaines cibles: «La commande de l'État vient après le rapport Attali, qui parlait, sans que l'on sache sur quel fondement, de 50 chambres en France, et de fusion avec les chambres de métiers. Le premier sentiment, dans beaucoup de CCI, a été de penser que les chambres avaient souvent été les bons élèves de la réforme, mais étaient traitées comme les derniers de la classe. Je rappelle qu'une réforme des CCI a déjà été conduite en 2004-2005 par Jean-Pierre Raffarin et qu'une trentaine de CCI sont en cours de fusion pour moderniser le réseau». Alors que le personnel de la CCI semble avoir travaillé d'arrache pied cet été - huit rendez-vous de 90 minutes chrono avec la Région - pour boucler son offre à la délégation de service public du port de commerce de Lorient (voir page5), Jean-François LeTallec se livre à un véritable plaidoyer en faveur de l'institution consulaire: «Les indicateurs de ces dernières années montrent une extraordinaire amélioration de notre efficience, du rapport qualité-coût de nos prestations et une montée en gamme de nos prestations, le tout sans augmentation d'impôt. Je ne crois pas que tout le secteur public puisse en dire autant. Je suis fier du chemin accompli».
Mutation inexorable
Reste que la mutation des CCI semble désormais inexorable, comme en convient Jean-François Le Tallec: «Le réseau ne peut plus être l'addition de 130 ou 150 CCI individualistes. Mais les deux scénarii divergent quant à sa gouvernance. Le premier préconise un établissement public unique par région, avec un budget régional unique, soit 22 CCI en France, contre 138 aujourd'hui. C'est le scénario dit "descendant". Le second, dit "montant", préconise de conserver le réseau actuel des CCI, davantage rationalisé, avec un budget régional alimenté par les budgets locaux.Avec entre les deux scénarii, la question fondamentale du mode d'élection des membres et, en toile de fond, un objectif d'économie de moyens, et donc de baisse de la fiscalité.»
Jean-François Le Tallec, président de la CCI du Morbihan et des chambres au niveau régional (CRCI), a suivi les travaux liés à la réforme des CCI, comme membre du bureau national de l'ACFCI.