Créations d’entreprises, projets culturels ou sportifs, économie sociale et solidaire… Depuis sa création il y a dix ans à Brest avec le soutien du Crédit Mutuel Arkéa et du groupe Télégramme, la plateforme bretonne de financement participatif Kengo a permis à 1 350 projets de voir le jour, grâce à 5,5 millions d’euros collectés. De quoi générer 2 500 emplois.
Avec un taux de réussite de 80 % et plus de 84 000 contributeurs, la plateforme bretonne est parvenue à s’imposer comme un acteur de référence de l’innovation sociale, culturelle et économique en Bretagne et en Loire-Atlantique.
"17 millions d’euros de retombées économiques locales"
"Chaque euro collecté génère en moyenne 3,3 euros de retombées économiques locales, soit plus de 17 millions d’euros depuis le lancement", retrace Serge Appriou, qui a créé la plateforme en 2015 après avoir notamment été responsable des activités e-commerce d’Arkéa, puis attaché en charge de l’innovation à la direction des moyens de paiement. "Ces postes m’ont amené à faire beaucoup de prospective, et c’est dans ce cadre que l’économie participative est entrée dans mon spectre", retrace celui qui, dix ans plus tard, emploie cinq salariés pour un chiffre d’affaires de 130 000 euros.
Une dynamique de solidarité qui dépasse bien souvent le périmètre local. "Beaucoup de gens contribuent une première fois pour un projet proche de chez eux, puis reviennent soutenir d’autres initiatives, parfois de personnes qu’ils ne connaissent même pas ", explique le dirigeant. "Choisir de financer un projet breton, ça a un sens pour les gens", souligne-t-il. Les projets soutenus vont de la relance d’une scierie à Carhaix à la culture de champignons urbains à Brest (Breizh Bell), en passant par le financement de projets culturels ou sportifs. Record de la plateforme : le projet d’extension du café-concert Le Run ar Puñs, à Châteaulin, avec plus de 180 000 euros collectés.
"Accompagner les publics mal desservis par le monde bancaire"
"La moyenne de collecte est d’environ 5 000 euros par projet, ce qui permet aux porteurs de bénéficier d’un effet levier en leur donnant accès au crédit ou à des aides", détaille le dirigeant, qui a également développé Istor Lab, une offre de coaching pour les projets retenus. "Nous les accompagnons notamment sur la partie communication afin de les aider à trouver leur public", explique-t-il. Un domaine dans lequel la plateforme dispose d’une force de frappe considérable avec ses quelque 118 000 abonnés sur les réseaux sociaux et une audience numérique évaluée à 2,1 millions de personnes.
"On finance la souveraineté bretonne tous les jours "
"Tous les projets soutenus sur Kengo incarnent un objectif commun : produire localement, réduire les circuits longs, et revitaliser les territoires oubliés", souligne Serge Appriou. Au point que Kengo est devenue une entreprise à mission en 2022. "Environ 30 % des projets soutenus sont des projets à impact, portés par des publics souvent mal desservis par le monde bancaire. On finance la souveraineté bretonne tous les jours ", conclut le dirigeant.