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La Mie Câline augmente ses prix pour faire face à la hausse du coût de l’énergie
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La Mie Câline augmente ses prix pour faire face à la hausse du coût de l’énergie

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La Mie Câline va devoir encaisser une hausse du prix de l’électricité, qui s’ajoute à l’inflation sur les matières premières. Pour faire face au triplement de sa facture, l’ETI vendéenne de restauration rapide, spécialiste des sandwichs et des viennoiseries, compte augmenter ses prix.

David Giraudeau, directeur général de La Mie Câline — Photo : Cyril Raineau

Pour La Mie Câline, à l’inflation sur les prix de ses matières premières vient s’ajouter la flambée des prix de l’énergie. "Notre contrat avec notre fournisseur d’électricité arrive à échéance en décembre 2022, et l’on entendait aucune solution pour les ETI comme nous, déclare David Giraudeau, directeur général de cette entreprise vendéenne implantée à Saint-Jean-de-Monts. Fabriquant des viennoiseries, des sandwichs ou encore des pains, l’entreprise est un gros consommateur d’électricité, notamment pour la surgélation et le stockage de ses produits. "Via notre club ETI, notre fédération des franchisés et la fédération des entreprises de la boulangerie, nous avons alerté le gouvernement. Les récentes déclarations de la Première ministre et du ministre de l’Économie sont une avancée, mais il est encore difficile de chiffrer l’impact que cela aura pour nous."

La facture d’électricité va tripler

Faisant travailler 2 200 salariés sous son enseigne, La Mie Câline réalise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en propre (partie industrie, centrale d’achats et activité de franchiseur), tandis que le réseau de 240 magasins, à 95 % franchisés, devrait de son côté boucler l’année 2023 à 200 millions. "La partie industrielle réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, et l’électricité représentait environ 1,5 million d’euros de notre chiffre d’affaires, soit moins de 3 %, explique David Giraudeau. Pour notre prochain contrat, nous ferons fois trois, soit 4,5 millions d’euros de facture d’électricité. En d’autres termes, notre dépense en électricité représentera alors 9 % de notre chiffre d’affaires."

Répercuter les hausses

La situation se corse, dans un contexte où "nos fournisseurs subissent la même chose", note le dirigeant, qui fait face à des augmentations de 20 à 25 % sur le prix des principaux ingrédients (farine, beurre, sucre, chocolat, protéine animale…). "Le marché est fou, résume David Giraudeau, il y a clairement un manque de lisibilité et de transparence sur les prix."

Pour le réseau de franchisés, les choses se compliquent, pour ceux dont le contrat énergie arrive à échéance. "Pour faire face à la hausse du coût de l’électricité, nous allons devoir augmenter nos prix de 6 à 9 %, nous n’avons pas d’autres solutions, se désole David Giraudeau. Pour chacun d’entre eux, qui vont eux aussi encaisser une hausse du prix de l’électricité - qui va être multiplié par 2,5 en dépit des aides -, ils n’auront pas d’autres choix que de répercuter ces deux hausses sur leur prix en magasin."

Survie des entreprises

Un point de vente de la Mie Câline réalise en moyenne 800 000 euros de chiffre d’affaires, et va voir sa facture d’électricité passer de 20 000 euros à 50 000 euros. "Nos franchisés font ce qu’ils veulent sur leurs tarifs, mais nous avons l’impression que certains ne se rendent pas compte de l’impact que cela va avoir sur leur modèle, estime David Giraudeau. Il faut qu’ils augmentent leur volume de marge, avec une hausse de 6 à 9 % pour compenser la hausse de leurs factures."

Sur la situation générale, le dirigeant estime que "personne ne peut se réjouir de quoi que ce soit. L’économie n’est pas une série de silos, mais un écosystème où tout le monde est touché. L’État a compris que les ETI pouvaient être en danger, et il tente de venir à leur rescousse. Disons-le, nous sommes arrivés à une question de vie ou de mort pour beaucoup de nos entreprises."

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