Alain Audebert, P-dg de la Maison d'Armorine, a investi près de 700.000€ dans l'agrandissement et la mise en scène de l'espace visite de sa boutique quiberonnaise, ainsi que dans un nouveau bâtiment de 250m² prêt à accueillir une ligne de production de chocolats artisanaux. Le confiseur, petit-fils du créateur des fameuses Niniches de Quiberon a décidé de «traiter la crise par le mépris», dit-il. «On ne peut pas rester assis et attendre», remarque-t-il. Après 60 ans d'existence, la Maison d'Armorine rend ainsi hommage aux deux générations qui l'ont précédé. Alain Audebert a récupéré de vieilles machines à fabriquer des bonbons et les expose dans une ambiance années 40, scénographiée par le Normand Alain Tardif. La Maison d'Armorine profite de cet espace devenu musée de la confiserie pour lancer en septembre un chocolat fourré au Salidou ainsi que des tablettes ?secret de druide ?. Une diversification sur laquelle mise Alain Audebert pour poursuivre la croissance de l'entreprise.
Progression à deux chiffres
Pour le directeur commercial, Gildas Peron, cette crise est même carrément bénéfique. «Nous connaissons des progressions à deux chiffres depuis plus de cinq ans», indique-t-il. «J'ai le sentiment que quand le hard discount et la marque de distributeur progressent, le haut de gamme progresse également». Spécialisée dans les douceurs aux caramels au beurre salé et installée à Quiberon depuis 1946, la Maison d'Armorine assume ainsi son positionnement haut de gamme et sa stratégie. L'entreprise évite une diffusion en grande distribution et privilégie un réseau de 800 à 900 revendeurs indépendants, qui représentent aujourd'hui 60% de son chiffre d'affaires. «La grande distribution nous aurait permis de générer des volumes rapidement, mais l'activité aurait été dangereuse et surtout nuisible pour notre image», justifie Gildas Peron. «70% des volumes alimentaires sont réalisés par la grande distribution, il y a de la matière à travailler dans les 30% restants.» Pour preuve, depuis deux ans, La Maison d'Armorine développe l'export. La touche ?french gourmet? plaît aux États-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne et surtout au Japon, où les caramels tendres et la crème de Salidou sont revendus dans un réseau de magasins haut de gamme. Le reste des ventes se réalise dans les sept magasins les ?Niniches?, du nom de la sucette phare qui a fait la réputation du confiseur: deux boutiques à Belle-Ile, trois à Quiberon, une à Carnac et une à Pontaven.
Insensible à la crise, la Maison d'Armorine à Quiberon vient d'investir 700.000 € pour le réaménagement de son espace visite, digne d'un musée du bonbon, et de son outil de production pour une diversification dans le chocolat.