Reprise par Fanny Voisin et Alexandre Cospérec après la disparition tragique de leur père en 2010, la maison Cospérec (13 salariés, 1,1 million d'euros de chiffre d'affaires) modernise son outil de production, tant sur le site de la boucherie du bourg de Langonnet, que sur celui de l'unité de transformation, route du Faouët. La boutique a été entièrement réaménagée, la cellule remise aux normes, tandis que le site de production d'environ 350 m² a reçu de nouvelles machines. Montant total des investissements : aux alentours de 70.000 euros. L'atelier de production fabrique 350.000 unités de charcuterie maison : jambon, foie de génisse, rillettes de chevreaux de Belle-Île, terrines... Autant de spécialités destinées pour l'essentiel à la GMS, dans un rayon de 40 kilomètres autour de Langonnet. «Notre savoir-faire est très lié à la fabrication. Nous aimerions développer la GMS. Nous recherchons un développeur en ce sens, explique Alexandre Cospérec. On a notre propre réseau sous la marque Conserverie de l'Abbaye et adhérons depuis trois ans au club d'entreprises du pays du Roi Morvan, qui nous a permis de nouer de nouveaux contacts. L'atelier sert également à des éleveurs qui revendent à la ferme ou qui ont leur propre réseau de distribution.»
Viser les 500.000 unités produites
Plus atypique : l'atelier de production peut être loué. C'est le cas avec un client historique de Guidel qui vient y produire ses terrines d'autruches. « On peut quasiment tout faire. On pourrait largement augmenter notre production. A 500.000 unités produites, nous aurions résolument les coudées franches », poursuivent Fanny et Alexandre Cospérec, qui ne ménagent pas leurs efforts depuis l'incident tragique. « Nous travaillions déjà dans l'entreprise familiale lorsque notre père est décédé d'un infarctus. Il a fallu prendre le relais de façon brutale. » Réinvestir. Rajeunir l'appareil de production. La Maison Cospérec se heurte alors à des difficultés à se faire financer. Les deux enfants Cospérec investissent en fonds propres. Le savoir-faire est là, mais l'outil de production a vieilli. Les deux derniers exercices sont des exercices charnières pour dégager de la trésorerie. « La prime Hollande a fait du bien. Cinq salariés étaient concernés par cette prime à l'embauche. Nous sommes à la fois confrontés à des pénuries de main d'oeuvre et à des difficultés pour redresser significativement la trésorerie, en raison des mises aux normes, alors que le chiffre d'affaires progresse ! »
Une pénurie de main d'oeuvre aggravée en milieu rural
La Maison Cospérec recherche ainsi actuellement un technicien et un charcutier cuisinier. « Nous sommes les troisièmes employeurs de la commune », sourit Alexandre Cospérec. L'enjeu est de taille pour l'entreprise familiale, à la lisière entre la boucherie traditionnelle et l'industrie agroalimentaire à proprement parler. « L'apprentissage est clairement en panne ici. Les apprentis, déjà peu nombreux, se tournent, qui plus est, vers les villes massivement. Les difficultés naissent dès l'école : les centres d'apprentissage sont loin. Les problématiques de transport se posent dès le départ, d'autant plus que les horaires sont souvent décalés. » Résultat : cette année, la Maison Cospérec n'a pas trouvé d'apprenti.
Facebook et nouveau site
La clientèle locale, en revanche, suit. Le développement des réseaux sociaux, ajouté à la modernisation de la boutique, permet de booster la fréquentation : « Facebook fait venir une nouvelle clientèle qui ne viendrait pas forcément. Elle est sensible aux promotions, aux plats du jour. Le foie de génisse plaît ainsi à des personnes qui ne s'arrêteraient pas sinon... » Le site internet doit être également repensé et prochainement mis au goût du jour. Une étape de plus dans la modernisation de l'entreprise au savoir-faire traditionnel solidement ancré.