Les luminaires haut de gamme portent la croissance de la Fonderie d’Art Macheret. Installée en Sarthe depuis plus de quarante ans, cette PME de 22 salariés est pourtant plus connue pour ses médailles et ses trophées, commandés par des acteurs de l’événementiel, des fédérations et clubs de sport, des associations ou encore des mairies. Son trophée le plus emblématique est celui du Vendée Globe, fondu à l’identique tous les quatre ans depuis 2004. Il a été dessiné et conçu par le créateur de la fonderie, Philippe Macheret, dont les deux fils, Paul et Yves, sont associés depuis 2015 à la tête de la PME.
Conserver la valeur ajoutée
En quatre ans, de 2020 à 2024, le chiffre d’affaires de la fonderie est passé de 1,8 million d’euros à 3,5 millions. Cette forte croissance est générée par "la dynamique des ventes de nos luminaires Entrelacs. L’activité historique de médailles et de trophées est, elle, en légère progression, de l’ordre de 2 % à 3 % par an", indique Paul Macheret. Les deux volets de l'activité, historique et Entrelacs, conditionnent chacune la moitié du chiffre d'affaires.
La gamme d’appliques, de suspensions et de lampes de la fonderie comporte une soixantaine de pièces. Travaillant le bronze, le laiton, l’aluminium et le zinc, la PME a créé en 2017 sa marque de luminaire haut de gamme, dont elle est à la fois designer et fabricant. C’est la pandémie en 2020 – ici encore – qui a changé la donne. "Le marché de l’événementiel était à l’arrêt durant le Covid. Nous avons alors vu l’intérêt de pousser notre marque de luminaires", retrace le gérant.
"Nous avons utilisé la place alors disponible dans l’atelier, puis nous avons recherché de la disponibilité en plus, en nous séparant de certains clients, en particulier ceux pour qui nous réalisions des pièces volumineuses mais avec des marges minimums", poursuit-il.
S’adapter aux destinations
Avant le Covid, la PME ne réalisait qu’entre 10 et 20 % de son activité à l’international. Pour distribuer ces luminaires haut de gamme, l’export était une nécessité. En Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient...
L’entreprise a su adapter l’esthétique de ses produits mais aussi sa stratégie commerciale en fonction de la culture business des pays étrangers. "Aux États-Unis par exemple, le meilleur moyen de toucher les designers est de passer par les showrooms, rapporte Paul Macheret. En Belgique ou au Luxembourg, en revanche, nous nous appuyons sur un agent pour stimuler les ventes ; comme en Allemagne, le marché y est très atomisé. Alors qu’en France, la place forte reste Paris."
Un nouveau showroom ouvert à Paris
L’entreprise vient ainsi d’ouvrir début 2025 un showroom pour sa marque dans la capitale, dans le 7e arrondissement. L’ensemble de la collection Entrelacs y est exposé. "Cela permet d’accueillir à la fois les clients et les prospects."
Des travaux d’extension en cours
À la mi-janvier, la fonderie d’art a également lancé des travaux sur son site sarthois de Montfort-le-Gesnois. C’est l’effet Entrelacs. "D’une petite marque, nous en avons fait un facteur de croissance", résume l’aîné des frères Macheret.
Les locaux vont ainsi passer de 900 m2 à 1 650 m2 au total. "Par rapport à l’atelier actuel, nous allons disposer de plus d’espace pour nos déplacements et gagner en confort de travail. Les hausses de capacité de production viendront plus tard. Nous voulons d’abord que nos salariés s’installent dans les meilleures conditions, pour passer de méthodes artisanales aux conditions industrielles", explique Paul Macheret.
Limiter l’impact environnemental d’une activité lourde
"Nous avons aussi mené un travail de compensation environnementale de notre impact lié à la hausse de l’activité. Nous allons récupérer la chaleur fatale du four pour produire de l’eau chaude et produire de l’électricité avec des panneaux photovoltaïques. L’extension sera construite en ossature bois avec une configuration coupe-feu, compte tenu des règles d’installation classée", explique le dirigeant.
L’investissement validé dépasse les 2 millions d’euros.