Présent à Strasbourg pour l’European Mobility Expo 2024, la coopérative d’autopartage strasbourgeoise Citiz s’y est présentée avec un chiffre d’affaires de 11,1 millions d’euros à la fin du premier semestre 2024, soit une augmentation de 13,4 % sur un an. "Même si ces dernières années, nous sommes habitués à connaître une croissance à deux chiffres, cela est toujours très satisfaisant. Cette dynamique illustre la manière dont nous continuons à entrer de plus en plus dans le quotidien des Français", affirme Jean-François Virot-Daub, directeur général de Citiz Grand Est, qui emploie un total de 150 équivalents temps plein dans toute la France.
"Un bon client est celui qui utilise de moins en moins le service"
Cette croissance s’explique en partie par l’arrivée de nouveaux utilisateurs des voitures Citiz mais aussi par l’augmentation de la fréquence d’utilisation des Citiz par les conducteurs plus anciens. "Pour nous, un bon client est celui qui utilise de moins en moins le service car il a trouvé des alternatives pour ces déplacements. L’objectif à long terme est que le client se passe de sa voiture", explique-t-il. Selon lui, entre "1 % et 10 %" de la population française pourrait trouver un intérêt dans les services de Citiz.
Objectif de 10 000 voitures en 2030
Lancé il y a presque 25 ans avec quatre voitures, le réseau Citiz compte aujourd’hui 32 300 utilisateurs actifs et 2 560 véhicules. "Nous sommes dans les temps pour atteindre les 10 000 voitures en autopartage pour 2030", sourit le directeur général de Citiz Grand Est.
Présents dans une quarantaine de communes dans la région, l’entreprise et ses 25 salariés ont connu une croissance de 12 % du chiffre d’affaires par rapport au premier semestre 2023. "Il y a près de 18 000 conducteurs dans le Grand Est et parmi eux, entre 8 000 et 9 000 utilisent une Citiz plusieurs fois par mois. Nous générons 3,7 millions d’euros de chiffres d’affaires aujourd’hui, l’objectif est de dépasser les 4 millions d’euros pour la fin d’année", explique-t-il.
Développement hors des bases historiques
Si le Bas-Rhin et Strasbourg sont les lieux historiques de Citiz, c’est bien en Lorraine, où Citiz est présent depuis 10 ans et dans la Marne, où l’entreprise s’est implantée il y a cinq ans, que le développement s’accélère : "Nancy, Metz et Reims suivent la même courbe de développement que Strasbourg par le passé. Il faut continuer à s’implanter un peu partout sur le territoire et renforcer les stations existantes avec de nouveaux véhicules", lance Jean-François Virot-Daub. En juin dernier, une station à ouvert à Montigny-lès-Metz, la première ouverture d’une station hors grande agglomération en Lorraine.
Les partenariats avec des promoteurs immobiliers se relancent
En plus du développement des stations sur les places de stationnement dans les communes, Citiz travaille aussi de plus en plus avec des promoteurs immobiliers. L’objectif : réduire les coûts de la construction des parcs immobiliers en réduisant le nombre de place de stationnement et en les remplaçant par de l’autopartage. "Nous voulons mettre l’accent sur la durabilité de ces services pour en faire quelque chose de pérenne et surtout, qui soit accessible à tous. C’est essentiel de rendre disponible le service aux personnes extérieures aux logements du parc immobilier car faire de l’exclusif, c’est-à-dire en réservant l’usage des voitures à certaines personnes, ça ne marche pas du tout. Depuis dix ans, aucun projet de la sorte n’a fonctionné", souligne Marc Paresys, directeur général de Citiz Nantes. Depuis le lancement de ces partenariats en 2012, une centaine de projets ont vu le jour un peu partout en France et les trois quarts rien que sur les cinq dernières années.
Mais à partir de 2023, la crise du bâtiment a affecté le développement de ces partenariats : "L’activité a beaucoup ralenti et ne se relance que depuis mi-2024. On compte une cinquantaine de projets sur le feu en ce moment dans toute la France", précise-t-il. Et Jean-François Virot-Daub d’ajouter : "Dans le Grand Est, trois projets ont vu le jour dans les six derniers mois et une quinzaine est en cours de négociations".
Une croissance portée par l’ouest de la France
Si la croissance de l’entreprise est surtout portée par des métropoles dans l’ouest de la France comme Nantes, avec une augmentation de 30 % du chiffre d’affaires par rapport au premier semestre 2023), Rennes (+ 24 %) ou encore Angers (+ 23 %), de nombreuses régions restent encore à investir pour la coopérative. C’est le cas notamment de la Normandie, qui n’accueille pas le moindre véhicule aujourd’hui.