Arnaud Chedhomme, le gérant de la Charcuterie bordelaise, ne fait jamais les choses à moitié. Alors, quand il lance la construction d'une usine de transformation de viandes et de préparations culinaires, il y investit 7 millions d'euros. « La plus grande manufacture de ce type dans tout le grand Sud-Ouest », selon lui. Inauguré en septembre 2012, l'atelier a tout de suite donné entière satisfaction au patron, mais aussi généré quelques mésaventures financières... « J'ai eu un décalage dans la montée en charge qui a entraîné une baisse sensible de ma trésorerie, explique Arnaud Chedhomme. Finalement, j'ai pu renégocier ma dette sur 10 ans avec mon banquier Edel (banque de l'enseigne Leclerc, ndlr), et l'Urssaf a accepté un moratoire. Dans ces deux cas, j'ai eu affaire à des gens qui n'étaient pas des fossoyeurs d'entreprises. Je ne parlerai pas des autres... »
Pâtés, boudins, saucisses, jambons, brochettes...
La Charcuterie bordelaise conçoit, fabrique et commercialise des recettes de charcuterie régionale et traditionnelle du Sud-Ouest. Du champ à l'assiette, la PME maîtrise parfaitement sa production. Les bêtes abattues à Bazas viennent en totalité du Sud-Ouest. Depuis 3 ans, Arnaud Chedhomme dispose même de son propre élevage de 250 brebis, à Saint-Jean-de-Blaignac. Des troupeaux de Bazadaises et de Blondes d'Aquitaine les rejoindront cette année.
2.000t par an
Les équipes de la Charcuterie bordelaise découpent et transforment 2.000 tonnes de produits par an. La moitié de la production est commercialisée auprès de la grande distribution, parfois sous marque blanche. « Les produits de qualité ont le vent en poupe et nous répondons à une demande des consommateurs », déclare Arnaud Chedhomme. 15 à 20 % de la production de la PME sont destinés à l'exportation. L'entreprise dispose d'un importateur par pays, et est actuellement présente à Hongkong, au Japon, en Europe du Nord. En janvier dernier, l'entreprise a obtenu son agrément pour exporter à Singapour. « Nous progressons dans les pays où nous sommes déjà présents grâce à l'engouement incroyable pour la gastronomie française. Cette année, nous allons nous lancer en Corée du Sud, au Vietnam et en Thaïlande. Une demande d'agrément est en cours pour le Canada. Business France (ex-Ubifrance, ndlr) nous accompagne dans nos démarches. Par ailleurs, notre stratégie est de monter des actions en commun avec le secteur viticole. Comme lors du Wine & Dine Festival de Hong Kong où nous avons partagé un stand avec les Côtes de Bourg et les Sweet ». Arnaud Chedhomme, qui possède par ailleurs 35 % de la Charcuterie camerounaise, à Douala, débute l'exportation vers l'Afrique cette année. « Mon objectif est d'atteindre les 30 % de chiffre d'affaires à l'export d'ici 2 ans ».
Réseau de boutiques
Les produits de la Charcuterie bordelaise sont également vendus aux grands restaurants : le Saint-James, le Grand Hôtel, la Grande maison, la Brasserie bordelaise... Dernier vecteur de commercialisation : les boutiques. La PME dispose de cinq lieux de vente en Gironde. « Le circuit court permet de sauvegarder nos marges, indique le gérant. Nous réalisons pour l'instant 3 M€ avec cinq boutiques. L'ambition est de disposer de quinze pas-de-porte à terme. Deux ouvertures sont programmées pour 2015 ». La Charcuterie bordelaise devrait renouer avec les bénéfices cette année. Les 20 millions d'euros de chiffre d'affaires sont en vue pour 2018.
La Charcuterie bordelaise
(Villenave d'Ornon) Gérant : Arnaud Chedhomme CA 2014: 13 M€ 70 salariés 05
56 85 87 11 www.charcuteirebordelaise.fr