C'était une des promesses de campagne de François Hollande en 2012. La centrale nucléaire de Fessenheim devrait fermer à l'horizon 2018 lors de la mise en service de l'EPR de Flamanville. Le conseil d'administration d'EDF se réunit ce mardi 24 janvier pour examiner le protocole d'indemnisation proposé par l'Etat à l'issue d'une fermeture de la centrale. En conséquence, le verdict de l'examen de cette indemnisation ouvrira la voie à une fermeture ou au maintien du site. L'Etat, actionnaire à plus de 85 %, prévoit une indemnisation de l'ordre de 450 millions d'euros.
Dans une lettre ouverte adressée aux administrateurs d'EDF, le comité d'établissement de la centrale, qui s'est exprimé contre la fermeture, juge que « la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim serait incohérente et irresponsable ». 850 salariés travaillent actuellement sur le site de Fessenheim ; ceux-ci ont été appelés, le 23 janvier, à une grève de 48 heures.
Lettre ouverte du comité d'établissement du centre national de production d'électricité de Fessenheim aux administrateurs d'EDF :
Un conseil d'administration tripartite
Parmi les 18 membres qui composent le conseil d'administration d'EDF, six d'entre eux sont des représentants de l'Etat, qui ne prendront pas part au vote pour éviter un conflit d'intérêt. Six autres membres représentent les syndicats, contre la fermeture. Enfin, le dernier tiers est constitué de six administrateurs indépendants, sur qui pourrait en conséquence reposer le résultat du scrutin. Parmi eux figure Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef.
Au niveau local, le Medef Alsace s'est toujours positionné pour la continuation de l'activité de Fessenheim. Olivier Klotz, président du Medef Alsace, estime « qu'à partir du moment où l'outil est en état de marche, il n'y a pas d'intérêt de fermer. C'est une décision qui ferait plaisir à certains écologistes, mais si le site est réputé en état de fonctionner, je ne vois pas pourquoi il devrait s'arrêter. Fessenheim est situé à proximité de la Suisse, qui donne des leçons en faveur d'un arrêt du nucléaire. Pourtant, le pays dispose de centrales encore plus vieilles dont on ne parle pas ». Les tranches 1 et 2 de la centrale de Beznau ont en effet été mises en service en 1969 et en 1971. En comparaison, la centrale de Fessenheim est entrée en service en 1977.