Né il y a moins d'un an du rapprochement de la cellule de business développement de Julien Legat (ex-dirigeant des coursiers Verts, ancien de Probikeshop) et de l'agence design créée dix ans plus tôt par Sylvain Vallier, Studio Qooq, Kosmoss veut désormais pivoter en structurant son offre.
Repositionnement marketing
Un repositionnement marketing concrétisé par le lancement de sa « boxx ». Elle sera distribuée aux clients et prospects sérieux (coût de revient de 30 euros par box). À l'intérieur : goodies, chocolat, et surtout cartes postales matérialisant les quatre niveaux de services désormais cristallisés. « Nous proposons la Doctor boxx. Un expert vient faire le diagnostic de l'entreprise (un à trois jours NDLR). Nous livrons un business model, une cartographie, des esquisses. Ensuite, nous avons la Lunar boxx, pour permettre à nos clients de décrocher la lune. En cinq jours, en nous inspirant du design sprint, nous prototypons des produits et des services. Puis, nous avons la monsterr Boxx. En 6 mois, nous allons au prototype fonctionnel », détaille Sylvain Vallier. « La dernière, la business box est en fait une offre sur mesure pour trouver une solution à votre putain de problème » plaisante-t-il. Design, marketing, stratégie... Kosmoss veut couvrir tous les champs en lien avec le design. « Nous ne sommes pas des consultants. Nous sommes des makers, nous ne faisons pas simplement des préconisations », assure Julien Legat. Pour pouvoir assurer ce rôle de « makers », -traduisez d'opérationnels en jargon non marketing-, Kosmoss s'est entourée d'une équipe d'experts indépendants. Les deux dirigeants planchent sur cette offre depuis plusieurs mois. Les services sont les mêmes qu'avant, mais proposés dans un cadre défini de temps et de coûts. Un positionnement ultra marketé, novateur dans le paysage de l'offre design. « Le mot est probablement un peu fort, mais nous voulons disrupter l'offre des agences de conseil. Ou tout au moins, secouer le cocotier », lance le spécialiste du business développement, Julien Legat. « Le client sait exactement où il va, et combien de temps cela va prendre car son temps est précieux ». Dans cette optique de performance et d'efficacité, une plateforme web a été développée avec commande en ligne de la boxx choisie. « Le client définit son besoin sur le site puis le détaille lors d'un entretien Skype. Nous décidons alors si nous y allons », déroule le fondateur de Studio Qooq, aux lunettes toujours aussi reconnaissables. Car le duo entend bien choisir ses projets. « Devenir un pur -player devrait nous permettre d'avoir beaucoup de propositions. Nous pourrons ainsi retenir les plus intéressantes. Nous avons une équipe de jeunes. Cette génération Y est hyper-exigeante, nous devons la nourrir de sujets sympas si nous voulons la retenir. »
Déploiement national
Kosmoss a pour l'instant structuré son offre sur Saint-Étienne, Lyon et Grenoble. L'agence travaille à constituer des équipes d'experts (partenaires locaux à travers un système de licences ou free-lances) à Bordeaux, Strasbourg, Lausanne, Marseille, Nantes, Paris, Bruxelles, Lille et Montréal pour un déploiement sur ces villes dans les 18 mois à venir. En ligne de mire, un chiffre d'affaires de trois millions d'euros sous cinq ans (400.000? en 2015/2016 ; RN : non communiqué mais qualifié de « satisfaisant » par les deux dirigeants). « Nous avons une roadmap ambitieuse mais harmonieuse. Nous n'irons pas au-delà de 20 salariés car nous voulons garder une taille humaine. Au-delà de 20..., c'est impossible même en installant un baby-foot dans la salle de repos », ironise Julien Legat. Et d'ajouter, dans un sourire, « Nous visons la croissance, pas l'hyper croissance. L'hyper croissance fait peur à tout le monde, notamment aux banquiers ». Or, Kosmoss entend bien s'appuyer sur ces derniers pour lever 300 à 800 000 euros dans les cinq prochaines années. « Nous aurons besoin de fonds mais nous ne sommes pas prêts à lâcher 51 % de notre capital ! Nous passerons donc par des prêts ». Si le marché est au rendez-vous, Kosmoss devra déménager dans les deux ans. Sylvain Vallier et Julien Legat réfléchissent à un nouveau lieu, « un camp de base », incluant des lieux de vie, où ils pourront travailler avec leurs équipes et co-créer avec leurs clients, jour et nuit.