K-net : L'opérateur de fibre optique a enfin les moyens de mettre le turbo
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K-net : L'opérateur de fibre optique a enfin les moyens de mettre le turbo

Fibre Optique. Implantée dans l'Ain, K-net vient de décrocher les fonds nécessaires à son développement.

« Numericable m'a fait une offre de reprise, à 2 M€. Vis-à-vis de mes salariés, cela n'aurait pas été correct car il est certain qu'ils auraient pointé au chômage dans les six mois qui auraient suivi. J'ai refusé. Tout comme j'ai refusé une offre de Botanic ou une entrée au capital de mes banquiers. Ils ne valorisaient pas assez ma société. J'ai dit non à tout le monde. » Frank Bisetti a créé K-net en 2001, à Saint-Genis-Pouilly dans l'Ain. Il s'agit alors d'une toute petite société de maintenance informatique. Il prend un tournant en 2010 en se positionnant comme opérateur de fibre optique. Il passe alors de deux à trente-cinq salariés en deux ans, répartis sur sept agences commerciales en France et deux bureaux. « Nous avons aujourd'hui 6.500 clients particuliers et professionnels, soit 1 % du marché français de la fibre optique. Évidemment, nous ne pesons pas lourd face aux gros opérateurs, mais nous avançons vite. »




Love money

Vite, certes, mais pas suffisamment à son goût tout de même. « Nous avons eu des différends avec nos banquiers qui voulaient absolument entrer au capital. Face à notre refus, ils nous ont mis des bâtons dans les roues. » Alors, pour continuer sa progression, Frank Bisetti a eu recours à des solutions alternatives et originales qui lui ont permis d'avancer à petits pas. « K-net a un forum public. Nous avons de vrais fans, des gens qui font des "tutos" sur nos produits par exemple. Ces personnes ont accès à une partie privée du forum, où parfois, c'est vrai, je me lâche. Quand les banques m'agacent par exemple... C'est ainsi qu'a émergé l'idée d'un abonnement à vie. » En clair, ces aficionados de K-net paient 4.800 € pour un abonnement à vie. Après un an, ils peuvent se désister à tout moment et récupérer leur mise initiale. « Pour eux, c'est intéressant, le rendement est de l'ordre de 9 % grâce aux économies réalisées chaque année sur leur abonnement », sourit Frank Bisetti. Depuis deux ans, K-net a ainsi réussi à lever 100.000 € de cette manière, soit la somme nécessaire à la mise en place des abonnements pour 500 nouveaux clients. « La mise en place de nouveaux clients nous coûte cher en immobilisation », explique Frank Bisetti.




Datacenters

Ensuite, 100.000 € supplémentaires ont pu être obtenus grâce à des prêts participatifs de certains clients (5.000 € en moyenne à un taux de 8 % à 12 %). « Je fixe le taux en fonction de la tension de notre trésorerie. C'est un taux intéressant pour ceux qui me prêtent et c'est plutôt bon marché pour moi pour une opération de haut de bilan. » Après ces levées de fonds atypiques, K-net vient enfin de réussir à décrocher un laisser-passer d'une banque locale en se voyant octroyer un prêt de 400.000 €. « Nous avons perdu un an, c'est dommage ! » L'opérateur va désormais, par exemple, pouvoir investir pour diffuser les chaînes télévisées Be In. Un investissement qui va lui permettre de décrocher un million d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire, dès l'année prochaine, margé à 30 %. K-net réfléchit aussi à la construction de datacenters. « Notre stratégie est de nous imposer sur les zones rurales et sur les zones où les gros comme SFR ou Orange, qui ont la double casquette de constructeur et d'opérateur, ne se positionnent pas. » Le dirigeant de K-net vise loin, et haut, avec un objectif de 100 M€ en 2020. Il évalue le marché français à 15 Md€.

K-net



(Saint-Genis-Pouilly) Dirigeant : Frank Bisetti 35 salariés CA 2013-2014 : 3 M€ 04 82 53 11 50 www.k-net.fr

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