Journaliste : Profession en voie d'extinction ?
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Journaliste : Profession en voie d'extinction ?

Moins nombreux et plus précaires les journalistes. C'est l'un des constats rendus publics le mois dernier par la commission de la carte de presse.

En Bretagne, 90% des journalistes travaillent pour un ou plusieurs supports de presse écrite. «Bretagne, terre d'écrit», c'est donc l'une des particularités de la région selon Catherine Lozac'h. S'appuyant sur une étude de l'Observatoire des métiers de la presse, la déléguée régionale à la commission de la carte de presse a donné quelques chiffres, le mois dernier, alors qu'elle participait aux 35 ans du Club de la Presse de Rennes et de Bretagne. Bretagne terre d'écrit, Bretagne également terre de journalistes. La région, hors Ile-de-France, se classe en effet première de France en nombre de journalistes. 1.098 inscrits lors des dernières élections à la commission de la carte de presse. «Un journaliste salarié sur cinq en province est en Bretagne», indique Catherine Lozac'h. Avec respectivement 40% et 30%, l'Ille-et-Vilaine et le Finistère sont les deux départements les plus pourvoyeurs de cartes de presse (16% pour le Morbihan et 15% pour les Côtes-d'Armor). Avec deux quotidiens comme Le Télégramme et Ouest-France - l'un installé à Morlaix, l'autre à Chantepie - il n'y a rien d'étonnant à cela. Des chiffres valorisants pour la Bretagne qui ne doivent pas pour autant masquer la réalité d'un métier rimant de plus en plus avec précarité. Si, en 2003, 60% des nouveaux journalistes arrivant en Bretagne étaient en CDI (pour 40% de pigistes), six ans plus tard, c'est l'inverse. Un constat qui s'inscrit plus globalement, au niveau national, dans une baisse des effectifs. «La presse est un secteur en baisse en nombre d'entreprises et de salariés, indique Catherine Lozac'h. De 1980 à 1990, la profession a augmenté de 60% en terme de salariés, depuis début 2000 de 13% et cette année, pour la première fois, c'est stable.»




«Être professionnel»

Stabilité qui ne veut pas dire appauvrissement de l'information tempère toutefois Hubert Coudurier. «Ce qui a changé, c'est que le territoire n'est plus borné. Aujourd'hui, on peut avoir l'ambition d'aller au-delà des frontières locales. Il n'y a donc pas de petit et de grand sujet. Il faut être professionnel. La concurrence, le fractionnement des audiences, nous oblige à hausser le niveau», a ainsi décrit le directeur de l'information du Télégramme alors qu'il participait à une table ronde aux côtés de Daniel Floc'h (Ouest-France), François Maumas (Le Mensuel du Golfe et Le Mensuel de Rennes) et Patrick Visonneau (France3).

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