Journalisme : La plus value au coeur des échanges
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Journalisme : La plus value au coeur des échanges

Professionnels des médias ont réfléchi à Lorient de la redéfinition de leurs rôles fin novembre.

Faire de la marge plutôt que du volume. Tel pourrait être le mot d'ordre à retenir de la journée ?prospective & nouvelles technologies 2009? le 26novembre à Lorient. Pour sa deuxième édition, cet événement organisé par Lorient Technopole Innovations, la Meito et Polim@, a réuni plus de 130 inscrits. Des participants ?ravis? d'apprendre que le métier de journaliste affronte une «révolution marxiste qui a marché: la prise de contrôle des moyens de production et de distribution par ceux qui en étaient privés», selon Éric Scherer, directeur de la veille AFP. La possibilité pour le public de capter un son, une image, un scoop grâce aux appareils photos numériques, téléphones mobiles pour les diffuser ensuite sur Youtube, Google, Facebook, Twitter contribuerait à la perte de 15.000 postes de journalistes par an outre-Atlantique.




80% pour la publicité

Un propos contré par Marcel Quiviger, rédacteur en chef du Télégramme: «Ce discours est très centré sur les États-Unis, où les modèles économiques sont basés à 80% sur la publicité. Ce n'est pas du tout le cas en France. En Bretagne, près de 70% des foyers lisent des journaux chaque jour, avec une vraie communauté de lecture.» Couplé à une politique de diversification (Régionsjob, Pen Duick...) ce schéma permet au Télégramme d'afficher un excédent brut d'exploitation de 7,5M€ en 2008, supérieur à celui de Ouest-France, presque divisé par deux (6,5M€). «Si on est encore là, c'est grâce à la concurrence avec Ouest-France, on a dû élever notre niveau de jeu», admet pourtant Marcel Quiviger. Face aux arsenaux technologiques de mastodontes comme Orange, les journalistes tentent de protéger leur code génétique: vérification, enquêtes, mise en perspective. «La publicité ira évidemment à l'avenir chez les grands agrégateurs et non plus sur le site qui a financé le reportage à 15.000 € à Kaboul», relève François Bonnet de Médiapart. Avec 24 CDI, l'un des seuls sites d'information payant du web est aussi l'un des rares à afficher un chiffre d'affaires «d'1,5M€ en un an et demi d'existence», selon François Bonnet.

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