Pas d'oeillères aux Jeudis du numérique, le rendez-vous hebdomadaire des acteurs de la filière sort des sentiers battus. En forme de clin d'oeil au Big Data, à la 3 D ou autres réalités augmentées, les Jeudis ont opté pour la digital détox. Direction donc le campus de Tohannic à Vannes pour un tour d'horizon de la question avec Marie-Christine Briard, dirigeante de Relaxocéane et intervenante en détox digitale.
No phone no web
Public plutôt féminin pour cette conférence. Chacun est invité à prendre place sur l'une des chaises positionnées en arc de cercle. Le ton est donné avec l'invitation à enlever ses chaussures, puis à fermer les yeux et à prendre conscience de son environnement du jour, de la présence de ses voisins. Après un humoristique « ceux qui sortent un téléphone sont virés », il nous est proposé de les glisser dans une corbeille le temps de la soirée. Un sourire esquissé au moment où je glisse mes deux portables dans la corbeille vite gommé par un postulat de départ. « L'idée n'est pas de tomber dans la culpabilisation mais de se situer dans l'usage que l'on a de ces outils mobiles. Je souhaite que vous puissiez mesurer l'ampleur du phénomène et repartir avec quelques outils », précise Marie-Christine Briard qui a animé cette soirée sur paperbord. Soirée digital détox oblige.
4 h 30 sur le net par jour
Sujet tendance, la digital détox l'est aussi côté chiffres. Avec 4 h 30 de navigation sur internet par jour et une moyenne de 150 consultations de son smartphone par jour, les statistiques nous semblent colossales et pourtant. « 75 % se connectent dès le réveil et 78 % avant de dormir. En moyenne un salarié reçoit 50 mails par jour. » N'en jetez plus, beaucoup des participants à cette conférence sourient en se reconnaissant dans ces données. De quoi lancer le débat sur l'utilisation de chacun et sa façon de vivre sa relation au numérique. Chez une ex-cadre informatique aujourd'hui retraitée : « La fin d'une vie professionnelle bien remplie et le fait de ne plus être inondée de mails ont été une double mort d'où mon besoin de connection. » Chez un dirigeant c'est le constat de voir l'ensemble de sa famille, lui compris, un écran à la main au moment du repas. Undéclic.
Digital et vie professionnelle
Un conseil est alors glissé : « l'usage que j'ai du numérique me convient-il ou pas ? Si non, quels sont les leviers que je peux actionner pour faire changer les choses et aller vers une utilisation modérée. » Et quelles solutions pour ceux qui vivent connectés de par leurs professions ? « On a souvent l'impression que professionnellement, il faut répondre vite mais c'est bien souvent l'outil qui crée l'urgence », avance Marie-Christine Briard. Un propos conforté par un dirigeant : « J'ai habitué mes clients à avoir une réponse 24 h plus tard et cela fonctionne. » Raisonner son usage donc et donner du temps au temps. La déconnection passe aussi par l'envie d'ouvrir une autre page non ?
Et si le temps d'une soirée on déconnectait ? Pari tenu lors des Jeudis du Numérique à Vannes. L'occasion pour chacun de réfléchir à son usage des outils mobiles.