La décision est symbolique, mais cruciale pour assurer la survie de l'entreprise. Groupe Jemini transfert fin mai son siège social d'Ecommoy à Montfort-le-Gesnois. Une trentaine de salariés sur les cinquante que compte l'effectif s'apprête donc à quitter ce bâtiment de 2.500m² qui domine la zone des Truberdières. « C'est une mesure indispensable dans notre situation, ce " paquebot " nous coûte 300.000euros par an », souligne Georges Gangand, directeur financier du groupe, en redressement judiciaire depuis le 8janvier. Ainsi, les fonctions supports, les ateliers de création et de prototypage s'installent désormais sur la plateforme logistique de l'entreprise. Ce site situé à Montfort-le-Gesnois a déjà bénéficié en 2012 du plan de réduction des coûts du groupe en accueillant l'ensemble des activités logistiques, suite à la fermeture des structures du Lude. L'ensemble des activités de Jemini se trouve donc rassemblé pour la première fois sous le même toit depuis la création de la société en 1986.
Tour de vis sur les licences
Outre ce volet organisationnel, Jemini met de l'ordre dans son portefeuille de licences. De cinquante, la direction va resserrer l'exploitation sur une quinzaine. « Autour de valeurs sûres comme Disney ou Hello Kitty et de nouveaux personnages à potentiel. En revanche, nous abandonnons les licences en déclin comme les Lapins Crétins », explique le directeur financier. Un tour de vis qui passe par l'abandon des gammes de jouets et de mobiliers de plein air, sur les sept développées jusqu'alors par le groupe. Dernière acquisition de Jemini en 2011, le spécialiste de la figurine en métal Pixi reste dans le giron du Sarthois. Néanmoins, avec un chiffre d'affaires passé de 7,1millions d'euros lors de son rachat, à 4,4millions l'année dernière, la filiale normande est elle aussi placée en redressement judiciaire. Et si la direction se veut rassurante sur le maintien des emplois, Groupe Jemini doit désormais apurer ses dettes.
« Une dette de 20millions »
Malgré une année 2011 faste, marquée par la levée en Bourse de 10millions d'euros ainsi que des opérations de croissance externe et organique, Jemini termine alors son exercice avec un résultat net négatif à moins 1,5million d'euros, pour un chiffre d'affaires de 33,5millions d'euros. Touché de plein fouet par le ralentissement du marché du jouet, le groupe connaît l'année suivante une baisse de 19 % de son chiffre d'affaires semestriel, à 11,1millions d'euros fin octobre2012. « Aujourd'hui nous avons une dette de 20millions d'euros figée au passif, dont 8millions de dette associés et 9millions de dette bancaire », déclare Georges Gangand. C'est cette dernière que Jemini renégocie dans le cadre de la procédure judiciaire en cours. Le salut pourrait venir de l'export, l'entreprise ayant signé le mois dernier un premier contrat au Mexique, portant sur du mobilier pour enfants. « Nous restons prudents, les premiers signes négatifs sont apparus il y a deux ans à l'international », tempère le directeur financier qui prévoit un « effritement du marché en 2013 ». Le rebond est donc espéré en 2014. Jemini fait le dos rond en attendant d'être fixé sur son sort. Le groupe remettra en effet son plan de continuation à l'issue de sa période d'observation le 8juillet prochain.
Jemini
(Montfort-le-Gesnois) Dirigeant : Jean-Christophe Bonifacj 50 salariés CA 2012 : 22M€ 02 43 21 43 21 www.groupe-jemini.com