Pour certains, les signes astrologiques tiennent du folklore, d'une croyance quelque peu désuète sans grand intérêt. Pas pour Jean Mane, «Vierge et fier de l'être!» Étonnant pour un homme qui préside depuis 1995 aux destinées de l'entreprise Mane, l'un des leaders mondiaux du secteur des arômes et parfums, avec 332,5M€ de CA consolidé en 2008 et 2.450 salariés? Pas vraiment, finalement, quand on se penche sur les caractéristiques du signe zodiacal. La terre, son élément, y tient une place particulière, tout comme dans la vie de l'aromaticien. «Je suis le croisement d'une salade niçoise et d'un verger varois» annonce-t-il d'emblée, en référence à ses parents. D'entrée de jeu, nous voilà donc dans le végétal, dans la terre. «Petit, j'allais farfouiller dans l'arrière-pays pour trouver des fossiles et chasser les papillons» se souvient-il en évoquant son enfance passée entre Magagnosc et Séranon, sur la route Napoléon.
Élève assidu et pressé
Autre trait distinctif du signe de la Vierge: l'assiduité au travail. Là encore, Jean Mane ne déroge pas. Son parcours scolaire en atteste. Des bancs du ?Nid Joyeux? aux amphis du MIT (Massachusetts Institute of Technology), où il décroche un Master of Science en seulement 11 mois, le jeune homme ne s'accorde aucun temps mort. L'élève Jean Mane est «pressé». À 16 ans, il intègre les classes préparatoires de l'école Sainte-Geneviève, à Versailles. Maths sup, Maths spé: «Les années d'abnégation». En 1972, il est reçu à l'École des Mines de Paris. «Les années bonheur» pour cet étudiant curieux de tout, qui parallèlement, passe ses soirées à préparer une licence de chimie à Paris VI: «La fac du courage», insiste-t-il longuement, où il côtoie le samedi en TP «un océan de femmes» qu'il suppose jongler entre mari, enfants et entretien du foyer... L'expérience l'a visiblement touché, la Vierge est sensible... Mais s'il est une particularité du signe que Jean Mane entend volontiers illustrer, c'est sans conteste la fidélité.
Fidélité aux hommes et à l'entreprise
Fidélité à la parole donnée, qui fait de lui un homme de confiance, se retrouvant dans des situations pour le moins rocambolesques. Une nuit de 1976, le militaire Jean Mane, affecté au service du matériel des armées, se retrouve gardien du code d'alerte atomique auprès de la présidence de la République. «J'ai prié le Ciel pour que les Russes n'appuient pas sur le bouton» sourit-il. Fidélité aux hommes et à ses équipes, qu'il a dû séduire lors de ses premiers pas dans l'entreprise familiale, en 1977. «Le monde de l'entreprise est tel qu'on voit d'abord en vous, non pas Jean Mane, mais une bête curieuse, fils du patron de surcroît.» À 23 ans, ce «pur produit technique» doit se faire un prénom et choisit de «privilégier l'animation des équipes». Aujourd'hui encore, il dit «toujours essayer d'être juste, de leur amener quelque chose sans leur imposer une vue». «Je ne force personne à venir travailler au ?Bagne-sur-Loup?, je préfère qu'ils viennent travailler au Bar-sur-Loup, avec de préférence un certain enthousiasme.» L'homme a le sens de la formule! Fidélité aux ancêtres et à son entreprise, enfin. Après Victor, Eugène et Maurice, Jean apporte lui aussi sa pierre à l'édifice Mane. Spécialisation de la société dans le réglementaire à partir de 1984. Orientation vers la diversification technologique, notamment à travers les arômes encapsulés, au début des années 90. Politique de croissance externe sur les métiers que Mane ne possédait pas, comme les arômes salés, en1997 et1998. Déploiement géographique en Asie et aux Amériques dans les années 2000. L'homme reste fidèle à sa mission: «Croître et transmettre»... jusqu'en 2021, espère-t-il, date emblématique pour l'entreprise qui fêtera ses 150 ans. Se posera alors la question de la succession...
Aux commandes de l'entreprise Mane SA, la famille Mane symbolise l'une des plus belles réussites industrielles azuréennes. Son président, Jean, arrière-petit-fils du fondateur Victor, a accepté de sortir de sa réserve et de se raconter, le verbe haut, le sourire franc...