«Après trois années de R&D dans le domaine de la supervision du cloud, réalisée sur fonds propres et avec l'aide d'Oseo, la question était de savoir comment on allait financer le prolongement de ces travaux. Le programme des Investissements d'Avenir est arrivé au bon moment. La première fois que j'en ai entendu parler, c'était en décembre 2010. Dans la perspective de répondre à l'appel à projets sur le cloud computing, je suis allé au Laas soumettre notre principe technologique. L'équipe de sécurité informatique m'a confirmé que notre projet de middleware sécurisé -comparable à un "coffre-fort du cloud"- constituait bien une innovation de rupture, qu'il répondait à un réel besoin et que des solutions techniques existaient pour le concrétiser. À l'origine, on était trois- ITrust, l'Irit et le Laas- à être prêts à mettre en commun nos technologies, tout en sachant qu'il nous fallait créer un écosystème pour candidater à l'appel à projets. Avec l'aide du cluster Digital Place, on a commencé de constituer le consortium. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on a décidé de mettre dans la boucle un grand groupe qui aurait à terme les moyens de commercialiser le produit. Encore fallait-il le trouver... En mars 2011, j'ai fait une intervention au sein de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale qui m'a permis de faire la connaissance de Philippe Vannier, le président de Bull. Quelques semaines plus tard, son groupe intégrait le consortium, entraînant dans son sillage des acteurs régionaux comme Val Informatique, Eurogiciel, e-need, Bluemind, Gosys et SecludIT (Alpes-Maritimes).»
Deuxième chance
«En mars, le dossier était prêt à être déposé. Six mois plus tard, le jury nous a informés que nous n'étions pas retenus d'emblée mais que notre dossier méritait d'être réexaminé. En accord avec tous les partenaires, on a décidé de revoir notre candidature, sachant qu'on avait un peu plus de temps devant nous. Sur les conseils de Midi-Pyrénées Innovation, on a fait appel à Oseo pour le financement d'un consultant- Paul Vincent- qui, un mois durant, nous a aidés à affiner notre dossier et à le mettre en forme. En novembre, on est partis défendre notre projet au ministère, avec le soutien écrit de Digital Place, du Grand Toulouse et de la Région. Le "grand oral" a duré deux heures et le fait que nous ayons pris en compte les remarques faites trois mois plus tôt a été très apprécié. Ensuite, notre dossier a été étudié par des comités d'experts, jusqu'à la validation, obtenue fin avril, puis la décision officielle, publiée le 2 août dernier.»
Transformer le projet de recherche en projet industriel
«Le projet a vraiment démarré fin septembre, avec la mise en place de la gouvernance. Sur les trois ans que va durer le projet, on a estimé les dépenses du consortium à 14millions d'euros. Environ six millions d'euros sont investis par l'État, qui nous donne la possibilité de rembourser sur huit ans, après un différé de trois ans, et va nous soumettre à un contrôle tous les six mois pour veiller à la bonne utilisation des fonds et à l'avancement du projet. L'objectif, c'est évidemment de transformer notre projet de recherche en projet industriel. Concrètement, on s'est fixé entre 18 et 24 mois pour que Bull et e-need débutent la commercialisation de SVC mais on sait tous que ce ne sera pas tous les jours facile. Notamment parce qu'il va falloir apprendre à travailler entre PME, grand groupe et laboratoires, qui ont des cultures et des timings différents. Mais ça en vaut la peine : rien que chez ITrust, SVC pourrait créer entre 15 et 20emplois dans les quatre prochaines années.»
ITrust
(Labège) Dirigeant : Jean-Nicolas Piotrowski CA 2011 : 230.000€ 12 salariés 05 67 34 67 80 www.itrust.fr