«Je dois affronter des nuisances de voisinage »
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«Je dois affronter des nuisances de voisinage »

SON Défi Le dirigeant de North Sails, fabricant de voiles à Vannes, passe un peu trop de temps à son goût en réunion avec des riverains et au commissariat.

«Depuis un an, c'est de pire en pire. Notre entreprise doit faire face à des problèmes liés à l'activité de discothèques voisines. Certains matins, mes salariés ne peuvent même pas venir travailler à cause de véhicules occupés par des jeunes éméchés qui stationnent devant notre entrée. Tous les vendredis et tous les lundis matin, nous ramassons un sac poubelle entier de bouteilles vides. Tous nos grillages ont déjà été arrachés, une table extérieure détériorée. À chaque fois qu'il y a eu une preuve, comme une identification de plaque d'immatriculation, j'ai porté plainte.»




«Déjà 20.000euros»

«En tant que dirigeant, je ne peux pourtant pas passer mon temps au commissariat. La barrière défoncée il y un mois et demi va coûter 200euros aux responsables. Mais souvent, nous en sommes pour notre poche. Nous avons dû investir 750euros pour réparer des clôtures. J'en suis à installer du fil barbelé. C'est triste d'en arriver là. J'ai déjà dépensé 20.000euros. Je ne vais quand même pas consacrer 50.000euros à ceinturer avec un mur nos 6.000 m², alors que j'ai investi deuxmillions d'euros dans mon bâtiment.Nous avons assisté à une réunion rassemblant plusieurs entreprises, le commissaire divisionnaire et le maire. C'était juste avant les élections au Conseil général. On nous a annoncé que le Bubble et la Douche allaient tomber sous le coup d'une fermeture administrative pour deux mois. Le problème ne sera pas pour autant réglé sur le long terme.»




«En colère contre la Ville»

«Installer des plots rétractables ou un parking payant en face du Mercure et du Chorus pourrait être une solution. Je sens les pouvoirs publics démunis. Je suis en colère contre la préfecture et contre la Ville. On nous a invité ici car le nautisme a une bonne image, qui peut attirer des entreprises d'autres secteurs d'activité. Mais j'ai l'impression que notre zone commence à être à l'abandon. La Ville a acheté il y a deux ans des bâtiments près de nous qui sont toujours vides. Comme il n'y a plus personne dans les parkings, cela attire toute une faune.Même les policiers ne sont pas à l'aise quand ils doivent se rendre sur place à seulement deux par voiture entre une heure et trois heures du matin.» «Je me demande parfois si je ne vais pas écouter la Ville de Lorient, qui me courtise. Là-bas, ils ont mis des moyens dans la zone de Keroman. J'attends une vraie réflexion sur notre parc d'activités. Nous sommes en observation, nous prendrons notre décision dans les six prochains mois.»



Nicolas Mollé

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