J.Doumas : «Environnement et amélioration continue sont liés»
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J.Doumas : «Environnement et amélioration continue sont liés»

Jacques Doumas est chef de service "environnement et développement durable" à la CCI de Colmar Centre Alsace, et animateur du programme régional du même nom.


La prise en compte du facteur environnement dans les entreprises alsaciennes relève-t-elle d'un réel souci écologique ou d'une question d'image?

Ni l'un, ni l'autre. Il relève d'obligations réglementaires édictées à 90% par l'Europe. Pour piloter cela au mieux, elles ont mis en place des systèmes de management environnemental (comme ISO 14.001). Là, on rentre dans la démarche volontariste de l'entreprise, qui prend conscience des enjeux en termes d'image et d'exigence des consommateurs et des donneurs d'ordre. Elle réalise que le respect de l'environnement et l'amélioration continue peuvent être liés.


Sont-elles prêtes à consentir un effort financier pour éco-concevoir un produit?

En matière d'éco-conception, l'approche est avant tout économique, avec une incidence sur le bilan environnemental. On réfléchit aux attentes des clients, et on essaie de réaliser des gains dans l'utilisation des matières premières et de l'énergie. Au final, c'est gagnant-gagnant: on réalise des économies en interne, et c'est bon pour la collectivité et l'utilisateur. Alors oui, elles sont prêtes à l'effort financier si la contrepartie est au rendez-vous.


Sans compter que les retombées peuvent être plus que positives... Les entreprises qui ont anticipé la démarche d'éco-conception ressentent déjà l'impact commercial. À travers nos formations et ateliers, nous sommes là pour leur donner des éléments objectifs à présenter sur leurs produits éco-conçus, pour éviter qu'elles ne tombent dans le "green-washing", où l'on met de l'écologie partout.
Est-il facile de fédérer ses équipes autour d'un projet ou d'une démarche "verts"?

C'est un thème fédérateur. Les salariés sont aussi des citoyens qui ont des pratiques en matière environnementale. Ils sont souvent force de proposition.
L'impulsion ne vient donc pas forcément d'en haut?
L'impulsion peut aussi venir d'en bas. Le chef d'entreprise peut être entraîné par ses équipes.
L'Alsace est-elle en avance sur ces questions d'environnement?
Nous l'avons été un temps. Depuis, il y a eu en France un nivellement par le haut. Et depuis 3ans, on peut ressentir un ralentissement, en France et plus particulièrement en Alsace, des démarches de mise en place de systèmes de management environnemental.
Cela a-t-il modifié vos méthodes de travail?
Oui. Nous avons développé de nouvelles méthodes de mise en place de tels systèmes, plus graduelles, adaptées au rythme souhaité par le chef d'entreprise. Cela se fait donc en trois étapes progressives, et non plus en un passage direct à la certification ISO 14.001, par exemple.

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