Les mesures de suppressions d'emplois annoncées semblent plus rapides que prévu..
A mon arrivée en 2007, j'ai très tôt réalisé qu'il fallait améliorer notre productivité. Nous avions notamment un déséquilibre dans la structure de nos emplois avec plus d'emplois administratifs que la concurrence.
Dans le diagnostic réalisé, j'ai aussi constaté que nous avions parmi nos250 points de vente
, trop d'agences de moins de deux personnes en temps complet. Des effectifs insuffisants pour accueillir les clients dans de bonnes conditions. Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) que nous avons proposé, a rapidement été négocié avec les partenaires sociaux, il n'y a pas eu de blocage. Les 92 emplois supprimés le sont sur la base du volontariat. Parmi ceux-ci, 26 postes sont supprimés dans notre réseau commercial, soit 19 points de vente concernés sur les 250 de la Caisse normande. Des employés qui seront réaffectés dans d'autres agences, notamment dans sept nouvelles agences. Les 66 autres postes concernent des fonctions de siège avec une centaine de personnes éligibles au PSE.
Quels rôles ont joué la crise et les pertes enregistrées par la Caisse d'Epargne dans votre plan de suppression d'emplois?
Annoncer un PSE n'est pas facile, mais c'est notre responsabilité de dirigeant d'anticiper. Ainsi, la banalisation du Livret A a entraîné la baisse de nos commissionnements, donc des marges en moins. Même si finalement ce changement se passe plutôt bien pour nous, car la Caisse d'Epargne bénéficie de son rôle historique en matière de Livret A.Bien sûr, la crise est aussi passée par là, et les pertes de la Caisse nationale en octobre dernier pèseront sur les résultats mais qui globalement resteront positifs dans les Caisses régionales. Il sera cependant difficile de compenser les effets des difficultés rencontrées par notre filiale Natixis et les pertes de la Caisse nationale. Mais nous restons solides, et la Caisse normande sortira tout de même un résultat de 20M€ pour 2008. De plus, malgré les perturbations liées à la fusion des Caisses, nous avons progressé dans le classement national des Caisses en passant de la14e à la 4e place sur l'activité commerciale de la banque de détail. Les mesures que nous prenons doivent permettre de préserver l'avenir et d'être plus efficace.
Quel regard portez-vous sur la fusion Caisse d'Epargne/Banque populaire?
Je pense qu'elle était inscrite dans nos gênes car nous avons de nombreuses valeurs communes. Et puis nous étions déjà fiancés. La crise a précipité les choses, notamment la crise de liquidité où il a fallu donner un signe fort en direction de Natixis. Une filiale commune aux deux banques qui a connu des déboires importants, en partie liés à des investissements US. Et puis, elle avait contre elle le fait d'être une structure jeune, ce que n'aiment pas les boursiers. Ce mariage de nos organes centraux, non pas au niveau des réseaux qui conserveront leur identité propre, est une opportunité de complémentarité. Mon attente, est la mise en place d'usines de production en commun.
Après avoir réalisé la fusion des Caisses d'Epargne normandes, Joël Chassard, président de la Caisse normande, met en place sa stratégie pour remédier au déficit de productivité de sa caisse régionale. A commencer par 92 suppressions d'emplois.