Les Établissements JC David viennent d'être classés «Entreprise du patrimoine vivant», comment accède-t-on à cette distinction? C'est un long parcours. Nous aurons mis trois ans à l'avoir. La difficulté que nous avions résidait dans le fait que nous devions faire visiter nos entreprises aux particuliers. Dans une activité agroalimentaire comme la mienne, c'est très compliqué. Cette exigence a été levée il y a un an. En gastronomie, JCDavid côtoie de grands noms comme Ducasse, Lenôtre...
Quelles retombées en attendez-vous? C'est la reconnaissance d'un savoir-faire régional. JCDavid est reconnu en matière de salaison traditionnelle. Les retombées que nous pouvons attendre touchent au marketing et à la communication.
Votre dernière actualité en date renvoie à l'obtention du Label rouge pour votre harengfumé?
Cela faisait quatre ans que je l'attendais. Le groupement qualité nous a beaucoup aidés sur l'aspect réglementaire. Cette quête du label aura été longue. Elle prouve d'autant le sérieux de la démarche. Nous fumons à l'ancienne, le process est long et respectueux des traditions. Ceci explique que je suis le seul à avoir ce Label rouge en France. Chaque année, plus d'un million de pièces sont fumées chez JCDavid, on les retrouve aussi bien dans les plus grandes brasseries parisiennes que chez les poissonniers locaux ou en GMS. Le label rouge est surtout un plus pour la clientèle de GMS qui est à la recherche d'une qualité reconnue.
Vous développez une bière artisanale, avez-vous vocation à innover dans d'autres domaines?
Cette bière a été imaginée par Christophe Noyon de la Brasserie des deux Caps. À l'image de la bière à frometon faite avec Philippe Olivier, il a inventé une bière à kippers (hareng) avec une orge maltée qu'il a fait griller un peu plus que d'habitude. En terme d'autres innovations, nous lançons chaque année quatre ou cinq produits avant les fêtes ou le Seafood de Bruxelles. La gamme, certes évolue, mais nous resterons dans le domaine des produits de la mer.
Vous venez d'ailleurs de relancer une très vieille marque, la Boulonnaise, à quelles fins? Cette marque s'était éteinte. Je l'ai relookée à la sauce JCDavid. Nous nous lançons ainsi sur le marché de la conserve de sardines ou autres maquereaux. Nous travaillons avec des faiseurs locaux ou bretons.
JC David se donne plus d'espace suite au rachat de locaux voisins des vôtres, qu'allez-vous y faire? Il nous fallait de la place pour accueillir la machine avec laquelle nous fabriquons les copeaux de bois qui nous servent à fumer nos poissons. Il nous faut aussi de la place pour nos fumoirs et répondre à la montée en puissance de la production. Notre chiffre d'affaires augmente de 10% chaque année.
Propos recueillis par Ségolène Mahias
Produits de la mer Classé entreprise du patrimoine vivant et auréolé d'un label, rouge, le boulonnais JC David vise une croissance de 10% de son chiffre d'affaires.