«Dire qu'il n'y a pas de répercussions sur notre site serait prétentieux, mais elles n'existent pas à court terme. Nous avons une sécurité d'approvisionnement et de production pour nos activités jusqu'à mi-mai», affirme Hubert Schwanger, le directeur général de Ricoh Industrie à Wettolsheim. Le groupe Ricoh, qui possède quatre usines sur la zone touchée par le séisme, a annoncé que certains sites seraient indisponibles pendant au moins deux mois. Une situation différente pour Sharp, dont l'usine japonaise est située au sud, à Osaka. «Pour nous, la grande question concerne les fournisseurs qui fabriquent les composants électroniques de nos photocopieurs. Je ne sais pas où sont implantées leurs usines», témoigne Jacques Buclon, le président de Sharp Manufacturing, à Soultz. Car la grande question reste celle des composants, comme le rappelle Richard Crétier, délégué général du Snese (syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique): «Ce qui se passe au Japon va aggraver la pénurie de composants qui dure depuis 18 mois et qui a émergé suite à la récession économique de 2008. Elle a eu pour conséquence l'augmentation des délais et une hausse des prix de 30% en moyenne». Et la situation risque d'empirer. Mais les entreprises alsaciennes de la filière électronique se sont préparées. «Pour certains composants, on nous annonce 60 semaines de délais. Alors nous devons gérer et trouver des substituts. Pour l'instant il n'y a pas de rupture d'approvisionnement. Il y a du stock, mais si la production ne reprend pas cela posera des difficultés. Il faut attendre deux semaines pour savoir où en sera la situation», indique Brigitte Bechtold, responsable des achats chez Villelec. Cette entreprise implantée à Villé est spécialisée dans le développement et la fabrication de modules électroniques. Depuis 18 mois, elle a constaté une hausse du prix des composants entre 2 et 15% et s'attend à une hausse plus importante. Chez Thurmelec, à Pulversheim, fabricant et intégrateur de circuits imprimés, on s'attend à une augmentation des délais plus que des prix. «À mon avis, si les prix montent c'est de la spéculation. Certains distributeurs opportunistes vont sûrement en profiter. Mais les Japonais ne vont pas spéculer pour profiter de la situation», assure Denis Flaig, le directeur des achats et du développement de l'entreprise. Il ne doute pas une seconde de la capacité des Japonais à rebondir, tout comme Hubert Schwanger, le dirigeant de Ricoh. «Je ne suis pas inquiet pour la suite car ce peuple a une culture de la gestion du risque et une grande réactivité», souligne ce dernier.
Electronique La pénurie attendue des composants provenant du Japon n'affole pas pour l'instant les entreprises de la région qui restent attentives.