«La Haute-Normandie n'a pas à rougir de ses équipes de recherche!» Le directeur de l'Insa Jean-Louis Billoët aime à le rappeler. Un état de fait illustré par le rapprochement entre le laboratoire Janssen-Cilag de Val de Reuil (groupe Johnson & Johnson) et le laboratoire COBRA (Chimie Organique et Bio organique - Réactivité et Analyse), unité mixte de recherche associée au CNRS, à l'Insa et à l'Université de Rouen.
Changements de mentalités
Nouées de longue date, les relations entre les deux organismes de recherche privée et publique ont pris un nouvel élan depuis 2001 et l'arrivée à la tête du laboratoire de Val de Reuil de Luc Van Hijfte, responsable du site et directeur de la recherche chez Janssen-Cilag. Filiale pharmaceutique d'un groupe américain notamment présent dans les produits de beauté (Roch, Neutrogena, Laboratoire Vendôme...), Janssen-Cilag s'appuie sur la recherche fondamentale du COBRA pour développer des molécules nécessaires à la mise au point de nouveaux principes actifs, principalement dans les domaines des cancers, des maladies infectieuses et des maladies du système nerveux central. Un travail facilité par «le changement de mentalité qui s'opère dans les grands groupes pharmaceutiques, explique Luc Van Hijfte. Les laboratoires ont de plus en plus la volonté de travailler en partenariat avec le public, car ce travail d'équipe est crucial en termes d'efficacité et de créativité». Avec en ligne de mire la possibilité pour Janssen-Cilag de déposer de nouveaux brevets, avec le COBRA comme co-auteur. Pour son directeur, Jean-Charles Quirion, le COBRA reste ainsi dans son rôle «de recherche fondamentale», mais qui «trouve très facilement des applications». Le laboratoire public, qui met à disposition des locaux de l'Ircof de Mont-Saint-Aignan pour la recherche spécifique dédiée à Janssen-Cilag (3 chercheurs et six post-doctorants) est prêt à aller plus loin, dixit son directeur. Cette collaboration devrait prochainement bénéficier de fonds européens du Feder (Fonds Européen de Développement Régional) à hauteur de 1,5M€.
G.D.
L'Europe devrait abonder à hauteur d'1,5M€ au financement des projets de collaboration entre la filiale pharmaceutique du groupe Johnson & Johnson et le laboratoire de l'Université de Mont-Saint-Aignan.