«Suite à une mauvaise année 2009, mon restaurant Le Jardin sur le Pouce a été placé en redressement judiciaire en février2010. Depuis l'ouverture fin 2006, les choses ont été compliquées. J'ai choisi de créer l'établissement dans le quartier d'affaires Novaxis auMans avec l'intention de faire du neuf dans un quartier neuf. «J'ai eu toutes sortes de soucis inhérents à la création d'une première entreprise, notamment des surcoûts importants sur les travaux. Par exemple, le promoteur n'a pas tenu compte de mes demandes d'aménagement. Le Jardin sur le Pouce se trouve en effet dans un immeuble de bureaux qui n'est pas adapté à l'installation d'une cuisine. J'ai dû financer moi-même ces aménagements. Pour l'anecdote, j'ai été confronté à un changement de normes incendies durant la première semaine du chantier. Et sur un coup de téléphone des pompiers, c'est 10.000€ de travaux supplémentaires! Un vrai coup de massue. Ces surcoûts ont englouti le budget communication du restaurant.»
Démarra
ge mitigé
«L'activité a débuté alors que l'immeuble n'était pas achevé. De même pour les bâtiments voisins. Les 18 premiers mois n'ont pas été conformes aux attentes. Sur un prévisionnel de 240.000€, nous en avons réalisé à peine les deux tiers la première année. À cela s'est ajoutée la crise. Les programmes immobiliers ont été stoppés à Novaxis. Du coup, là où j'aurai dû me trouver au milieu d'immeubles de bureaux, j'étais en bout de zone. Je comptais aussi sur l'arrivée de 400 salariés supplémentaires chez ST Ericsson, mais ces gens, qui ont très peu de temps pour déjeuner et travaillent en décalé, ont demandé la création d'un restaurant interentreprises de plus de 400 places. Avec déjà un établissement similaire de 800 couverts sur une zone de 3.000 salariés à l'époque, ce n'était plus possible.»
Diversification
«Dans le cadre de la procédure de redressement, il nous fallait trouver de nouveaux marchés sans rien à investir. Ayant une expérience dans le domaine, j'ai donc développé une activité traiteur, avec notamment des prestations entreprises, principalement sur Novaxis. Ça a été une bouffée d'air frais. L'établissement a surtout gagné en notoriété; une prestation traiteur réussie en amenant souvent deux ou trois. Aujourd'hui, le chiffre d'affaires du restaurant a grimpé de 7%, celui du traiteur de 25% en un an. La restauration seule ne nous aurait pas permis de passer le cap. Le tribunal a validé en mars notre plan d'apurement du passif, nous sommes sortis de la période d'observation et commençons à rembourser nos dettes. Aujourd'hui, Le Jardin sur le Pouce a la nécessité absolue de se développer sans grosse capacité d'investissement, ce qui demande davantage d'imagination. Ça ne me fait pas peur, je suis quelqu'un de combatif!»
Son défi Placé en redressement judiciaire, Le Jardin sur le Pouce connait un nouvel élan. Christian Monthéard a diversifié l'activité pour sauver son établissement.