« Pour la dixième année consécutive, nous avons lancé une session du programme d'Action de Formation Préalable au Recrutement (AFPR) afin de répondre à nos besoins récurrents en main-d'oeuvre qualifiée et saisonnière. Nous menons cette démarche conjointement avec l'Institut rural d'éducation et d'orientation (Ireo) et les agences Pôle Emploi de Guingamp et Lannion. Elles financent le mois de formation, mené en alternance avec des cours théoriques et pratiques au sein d'une exploitation, qui débouche sur un contrat à durée déterminée de 6 mois. Ce dispositif sécurise énormément le demandeur d'emploi, qui sait où il met les pieds, mais aussi l'employeur, qui dispose de quelqu'un de qualifié.
Immédiatement opérationnels
Beaucoup de personnes n'auraient jamais accédé à ce contrat de 6 mois sans cette formation, notamment pour une question d'adaptation. Au moment où nous embauchons, nous sommes en pleine activité et, donc, tout de suite exigeants. Or, avec cette formation, les salariés sont opérationnels dès leur entrée dans l'emploi. Ça limite vraiment l'échec puisque près de 85 % d'entre-eux vont au bout de leur CDD. Dans 10 % des cas, cela débouche même sur un CDI.
Les critiques envers l'ANPE ont disparu
Il y a 10 ans, nous ne communiquions pas avec l'ANPE. Nous étions même très critiques à son égard. Jusqu'au jour où, en 2004, nous avons parlé de nos difficultés à trouver du personnel motivé et compétent au sous-préfet de l'époque. Il a, alors, organisé une réunion à Plouguiel, au cours de laquelle nous nous sommes engagés, notamment, à ouvrir nos exploitations. Le dispositif a tout de suite fonctionné. Au moins la moitié de nos problèmes de recrutement a été réglée.
Un investissement de 300.000 euros
Certes, pour Pôle Emploi, l'AFPR représente, depuis sa création, un investissement de 300.000 euros. Mais le dispositif a permis de former 320 personnes, preuve de son efficacité et de sa légitimité. D'ailleurs, dans près de 60 % des cas, elles reviennent à l'issue de leur contrat. Cela nous permet également d'offrir du travail aux Trégorrois et aux Costarmoricains. Trop souvent, on oublie que les emplois se trouvent dans les petites entreprises... »
Propos recueillis par Matthieu Huet
Le défi Pour palier sa pénurie de main-d'oeuvre, l'UCPT s'appuie depuis 2004 sur un dispositif innovant. Rencontre avec Gilbert Brouder, président de la coopérative.