« Un voyage comme ça, quand on dirige une PME comme la mienne, on n'en fait qu'une fois dans sa vie et ça ne se refuse pas, explique enthousiaste Jean-Christophe Lépine, le président d'Innoveox, une entreprise aquitaine spécialisée dans le traitement et la revalorisation des déchets industriels toxiques. Même si j'ai reçu l'invitation moins de dix jours avant le départ, je n'ai pas hésité. C'était une très belle opportunité qui tombait à pic puisque nous avons ouvert une filiale à Montréal début octobre. Je ne m'explique pas encore très bien comment je me suis retrouvé sur la liste des 38 chefs d'entreprise à accompagner le président pour ce voyage officiel. J'ai eu plusieurs sons de cloche. J'ai été contacté par le Medef. Ubifrance et l'Ademe m'ont dit que c'était grâce à eux et l'ambassade du Canada aussi ! Peu importe. »
2 000 euros pour quatre jours
« J'ai fait le choix de suivre la délégation et le programme mis en place. Le prix n'est pas très excessif : 2 000 euros pour quatre jours. Il y avait deux avions, celui du président et de son staff, et un avion militaire qui embarquait les journalistes et les chefs d'entreprise. J'étais dans le second. Dès que vous atterrissez, vous êtes dans un autre monde. Tout est très organisé. Vous êtes entièrement pris en charge. Votre bus est dans un cortège qui est escorté par la police. Le président a enchaîné trois à quatre discours par jour, très maîtrisé, sans note et de grande qualité. J'ai pu discuter avec lui quelques minutes lors d'un déjeuner à Ottawa, il a été très accessible. »
Accélérateur de business
« Le voyage était phasé en trois temps. À Calgary, il a été question d'environnement et d'énergie. À Ottawa, c'était le côté plus politique, et à Québec, le business. Durant ces quatre jours, j'ai rencontré énormément de gens très intéressants. C'est tout l'intérêt de ce genre de voyage : c'est un formidable accélérateur de business. J'ai gagné quatre ans de networking. J'ai rencontré très facilement des gens que peut-être je n'aurais jamais eu l'occasion de connaître et j'ai échangé beaucoup de cartes de visite. Accompagné le président cela vous donne une légitimité, ça booste votre notoriété. Et c'est l'objectif je crois : valoriser les entreprises françaises et les aider dans leur business. »