«J'ai levé 1million d'euros à travers des titres associatifs»
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«J'ai levé 1million d'euros à travers des titres associatifs»

Son défi Pour une association, faire une levée de fonds, c'est possible. Explications avec Daniel Lafranche, directeur général de l'entreprise adaptée Bretagne Ateliers.

«C'est une réflexion qui remonte à plusieurs mois. Quand vous avez une entreprise industrielle de 600 salariés, il faut des fonds propres. Or, en raison de la crise, ces fonds ont eu tendance à diminuer. Si elle veut donner confiance, une entreprise lève des fonds. Mais quand on est une association comme Bretagne Ateliers comment fait-on? On fait le choix d'une fondation? D'un fonds de dotation? Ce sont des projets lourds car après le montage, il faut lancer des appels à projets. On aurait pu aussi faire du mécénat pur et dur, mais on voulait faire une opération comme une entreprise. Nous avons donc opté pour les titres associatifs, un outil créé par la loi de Finances de 1985 qui est peu utilisé. Nous l'avons identifié avec notre cabinet d'avocats et la Macif nous a aidés à le monter.La différence par rapport à un actionnariat classique, c'est que c'est un engagement sur le long terme car les titres ne sont remboursables qu'à l'initiative de l'association. Nous nous sommes fixés sept ans pour faire un point avec les investisseurs. Autre spécificité, c'est l'association qui maîtrise sa stratégie d'entreprise.




Dix souscripteurs

En contrepartie, on offre d'abord une dimension sociale aux partenaires. Ceux qui nous accompagnent peuvent par exemple profiter de la communication qui est faite autour de l'opération. On offre aussi une rentabilité de 3% fixe. On peut évidemment trouver mieux ailleurs. On voit donc clairement que ce n'est pas un placement à but lucratif mais bien sociétal. Nous avions fixé le titre à 50.000€. Et on ne pouvait surtout pas l'accrocher à notre résultat car on est une association à but non lucratif. Pour trouver des investisseurs, c'est compliqué. Car il faut faire de la com' mais pas trop pour ne pas être considéré comme un appel à l'épargne publique, qui aurait alors nécessité l'accord de l'AMF. Il a fallu aussi que l'on s'inscrive au RCS. Ce sont six mois de travail. J'avais été autorisé par le conseil d'administration à lever jusqu'à 2M€. Au final, nous avons levé 1,050M€ - au regard de la conjoncture, on est satisfait - auprès de dix souscripteurs. Trois à titre personnel: Emmanuel Faber, Pierre-Yves Legris et Jean-Paul Legendre. Sept en tant qu'entreprise: OCDL Groupe Giboire, Crama Bretagne Pays de Loire, Triballat Noyal, la Compagnie Foncière de la Macif, Manutan International, Peugeot Citroën Automobiles SA et le Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine.




Assurer la diversification

La force de cette opération, c'est que votre commissaire aux comptes vous valide cela comme des fonds propres, ce qui rassure tous les partenaires de l'association. L'idée est aussi d'assurer notre diversification. Au-delà de l'industrie, nous nous tournons en effet de plus en plus vers la numérisation et la gestion électronique de documents, qui nécessitent des moyens lourds.»

Bretagne Ateliers



Noyal-Châtillon-sur-Seiche Dg: Daniel Lafranche Effectif: 600 (dont 440 handicapés) CA 2011: 23M€ 02 23 27 02 70 www.bretagne-ateliers.com

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