« J'ai intégré l'entreprise IOV Communication en 1995 (Imprimerie Ouvrière de Vannes). A l'époque, nous venions de déménager sur notre site d'Arradon en rachetant l'imprimerie Polyprint. Je suis arrivée à un poste de direction financière. L'imprimerie, qui existe depuis 1906, a toujours fonctionné sous le mode coopératif. J'étais donc, comme mes collègues, partie prenante des décisions stratégiques de l'entreprise. L'entreprise est une imprimerie classique. Nous imprimons du livre à la petite série personnalisée. Et nous sommes en capacité de proposer des solutions complètes de communication à nos clients en travaillant avec des prestataires.
Élue présidente pour six ans
Je suis aujourd'hui présidente de la Scop depuis quatre ans, et j'ai été élue à la direction générale il y a un an, en remplacement de Jacques Mougenot, mon prédécesseur qui partait à la retraite. Il a été P-dg pendant 25 ans. Élue pour six ans, je ne m'attendais pas à tout ce travail de suivi, de compte-rendu, etc. Passer de nº2 à nº1, c'est quand même un cap. Aujourd'hui, j'ai toutes les ficelles en main, et j'ai voulu garder ma casquette de direction et de commerciale. Après, c'est comme pour chaque salarié : je dois faire mes preuves, et je reste soumis au vote de mes collègues. En terme de relations humaines, ça ne change pas beaucoup de choses. Mais il y a tout de même un rapport différent avec les équipes. Un rapport de direction. Je dois m'imposer d'avantage. On se tutoie toujours, mais quand il y a des remontrances à faire, je m'y colle. Je dors un peu moins aussi. J'ai voulu m'engager pleinement en recréant un conseil d'administration avec de nouvelles personnes, et en mettant en place une nouvelle stratégie commerciale et financière. Je suis très active dans les réseaux. Je fais partie du CJD depuis dix ans, et je suis aussi chez Cap 56, au bureau de la fédération des Scop de l'imprimerie à Paris, ainsi qu'à la fédération ouest de l'union des Scops. C'est très important, car c'est une manière de récupérer du chiffre d'affaires. J'ai souhaité mettre l'accent sur la formation des équipes. C'est beaucoup dans l'esprit Scop, mais nous y sommes contraints pour rester dans la course. Le budget formation peut être multiplié par trois ou quatre selon les années.
Rapprocher les imprimeries
Pour intégrer la scop et devenir actionnaire, le salarié doit avoir un an de présence dans l'entreprise. Cela n'a rien d'obligatoire, mais tout le monde joue le jeu et entre au capital. Nous partageons les revenus les bonnes années, et nous nous serons les coudes en cas de coup dur. L'avantage d'une Scop, c'est qu'en temps de crise nous disposons d'une trésorerie importante. Nous avons les reins solides, et c'est pour cela que nous sommes encore présente, plus de 100 ans après, alors que le milieu est chahuté et que beaucoup de nos confrères ont fermé. Et les salariés sont plus motivés et flexibles. Notre but est de préserver les emplois, pas de faire des coups financiers. Cela ne nous empêche pas d'avoir une stratégie de développement. Par exemple, nous avons racheté l'imprimerie Ollivier à Lorient, en 2004. J'étudie actuellement un rapprochement avec d'autres imprimeries du grand ouest. L'objectif est d'aller plus loin dans la spécialisation, les développements, etc. Il nous faudra investir en commun, car tout seul cela devient difficile. Le secteur tend vers cela. La preuve, il y a quelques temps, nous avons pu répondre à 3 appels d'offres avec 3 autres imprimeurs en Scop. Toutefois, nous n'excluons pas d'autres croissances externes, c'est la meilleure solution pour grandir.
IOV Communication
(Arradon) P-dg : Hélène Le Gac Chiffre d'affaires : 1,4 M€ 15 salariés 02 97 40 87 87