Jacob Holm : Des économies en stocks
# Industrie # Investissement

Jacob Holm : Des économies en stocks

Textile Soumis à un marché très concurrentiel, le fabricant de non-tissé pour l'industrie de la cosmétique et de l'hygiène, cherche à augmenter ses fonds de roulement. Depuis 2008, l'usine de Soultz s'est engagée dans une politique de réduction des stocks et des déchets.

«Aujourd'hui, pour un industriel, il est plus difficile de se financer en cherchant des capitaux qu'il y a cinq ans, donc il faut dégager du cash», résume Alain Héberlé, directeur supply chain de Jacob Holm Industries France. Depuis deux ans, la filiale française du groupe danois a réorganisé ses flux et a réduit ses stocks. Le département supply chain a été créé au sein de l'usine de Soultz en 2010. Depuis, le stock de produits finis est passé de 10 à 7 jours, dégageant 400.000euros de cash, et le stock de matières premières a libéré 350.000euros en passant de 9 à 7 jours. «C'est une performance car nous avons de plus en plus de fournisseurs hors d'Europe», souligne Alain Héberlé.




Des investissements pour rester compétitif

Face à la concurrence et à la hausse du prix des matières premières, Jacob Holm Industries a dû diversifier ses sources d'approvisionnement. Aujourd'hui, l'entreprise achète 50% des fibres en Europe, le reste en Chine et aux États-Unis. «Nos fournisseurs européens nous permettent de réajuster nos stocks si besoin. Pour l'instant, nous n'avons jamais eu de rupture, les risques sont maîtrisés», rappelle le directeur supply chain. Dans le même temps, l'usine de Soultz a agrandi ses surfaces de stockage, ce qui lui a permis de diviser par deux ses coûts de stockage extérieur, soit une économie de 150.000euros par an. Afin de rester compétitif, le fabricant a également investi dans l'outil de production. 2,3millions d'euros ont été dépensés en 2009. Cette année, l'industriel prévoit un investissement de 2,7millions d'euros pour augmenter la productivité des machines et pour améliorer la sécurité des postes de travail. «Grâce à ces investissements sur les technologies et les process, nous parvenons à maintenir nos marges», indique Alain Héberlé. En 2011, la filiale française a réalisé un chiffre d'affaires de 70millions d'euros. Cette année, elle espère se maintenir ou, au mieux, atteindre 75millions d'euros.




Agir pour l'environnement et réaliser des économies

Au regard du contexte économique actuel, l'entreprise affiche des ambitions réalistes. Le même réalisme prévaut dans sa politique environnementale. Jacob Holm Industries s'est engagé dans un projet «environomique», à savoir bénéfique pour l'environnement, mais aussi pour les finances de l'entreprise. Depuis 2008, l'entreprise revend ses déchets, constitués de fibres, de matières plastiques, de bois, de cartons et de métaux. Les déchets sont triés, compressés, puis dirigés vers les filières adéquates. En 2009, l'industriel a investi 60.000euros dans une plateforme de déchetterie. Il a également communiqué auprès de ses salariés et les a motivés pécuniairement. Si l'entreprise atteint ses objectifs de revalorisation des déchets, chaque salarié est rémunéré par intéressement. «Grâce à ce système, tout le monde est gagnant: l'entreprise, le salarié et la société», constate Alain Héberlé. Les chiffres le confirment. Aujourd'hui, 66% des matières premières sont revalorisées à la sortie de l'usine, contre 30% en 2007. Et Jacob Holm Industries ne dépense plus que 13.000euros pour la gestion de ses déchets contre 110.000euros en 2005, grâce au chiffre d'affaires généré par la vente des déchets. «On peut agir pour l'environnement et économiser de l'argent», confirme le directeur supply chain.

Jacob Holm Industries



(Soultz) P-dg: Stephen Landon 140 salariés Chiffre d'affaires 2011: 70millions d'euros 03 89 74 65 00

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