De l'Italie, on pourrait croire qu'elle a profondément basculé dans la crise et qu'elle aura du mal à en sortir sans séquelles. Cure d'austérité et population déprimée, c'est ce à quoi on s'attend en allant visiter deux provinces du Nord, la Lombardie et l'Émilie-Romagne. La découverte de l'économie de ces deux régions et d'entreprises représentatives de différents secteurs d'activités où brillent les Italiens, tel était le programme des membres du club du Prix Image Entreprise (lire par ailleurs).
Deuxième partenaire de la France
Crise où pas, l'Italie du Nord reste l'un des centres économiques les plus importants d'Europe avec un PIB par habitant supérieur à celui de la France. La Lombardie a un PIB par habitant équivalent à celui de l'Ile de France et nettement supérieur à celui des Pays de la Loire. L'Italie est notre deuxième partenaire économique en matière d'exportation, derrière l'Allemagne, demeurant une zone attractive pour les entreprises françaises. Le tableau économique italien n'est pourtant pas reluisant. La croissance est en berne depuis 2000, à peine 2,4 % de croissance entre 2000 et 2010, et en récession en 2012 avec un repli du PIB de 2,2 %. Le chômage est à plus de 11 %, celui des jeunes à 36 %. La fiscalité des entreprises semblant manquer de stabilité et les délais de paiement qui sont officiellement de 60 jours avoisinent plus communément les 120 jours. Enfin l'État italien est mauvais payeur. Il doit aujourd'hui plus de 90 milliards d'euros aux entreprises. Le nouveau gouvernement s'est engagé à en débloquer 40 afin de pacifier sa relation avec les entrepreneurs. L'Italie, dont le pouvoir central est très critiqué par les citoyens, a toutefois la chance d'avoir une dette détenue aux deux tiers par les Italiens, dont l'épargne représente trois fois celle-ci.
Balance commerciale excédentaire
Malgré ce tableau assez noir, la balance commerciale dégage un excédent d'onze milliards d'euros en 2012, preuve de l'excellence des entreprises et de leurs capacités d'innovation et d'attractivité. Nos réunions nous ont conduits à rencontrer des dirigeants de secteurs très variés. Décoration et design chez Artémide, le spécialiste mondial du luminaire (plus de 120 millions d'euros de chiffre d'affaires) très engagé dans l'émergence des Led. Haute technologie mécanique et maîtrise du carbone chez Dallara (50 M€ de CA) qui fournit les voitures de toutes les écuries engagées aux 500 miles d'Indianapolis. Système d'alimentation GPL et Gaz naturel pour les moteurs chez Landirenzo (253 M€ de CA).
Confiance
Il était toutefois frappant de constater l'enthousiasme et la confiance de ces dirigeants qui, sans ignorer la crise, donnent le sentiment que le monde leur appartient et que leur capacité d'innovation est sans limite car inscrite dans les principes de fonctionnement de l'entreprise. C'est peu de le dire quand un directeur de la R & D d'une entreprise est capable de vous faire vibrer sur le futur développement de son entreprise en vous faisant traverser le chantier de son futur bâtiment et vous fait imaginer toutes les innovations à venir dans les mois et années futurs. Comme en France les clés du succès s'appuient sur plusieurs règles : la persistance dans l'innovation ainsi qu'un fort investissement en R & D, le développement sur la marque et son image et le développement à l'international dès lors que le marché interne est saturé. Un marché Italien à ne pas négliger d'autant qu'il offre, crise oblige, de réelles opportunités d'acquisitions, à la condition de respecter quelques règles (lire encadré).
International Dans le cadre du Prix Image Entreprise, des dirigeants ligériens ont réalisé en mai un voyage d'études en Italie. L'occasion de découvrir, en Lombardie et en Émilie-Romagne, l'un des centres économiques les plus puissants d'Europe.